Itinéraire de 3 semaines au Panamá

Le Panamá, cette parcelle de terre nichée entre mer des Caraïbes et océan Pacifique. Peu connu du grand tourisme, c’est pourtant un pays extraordinaire, qui m’aura étonnée jour après jour. Entre volcan, chaîne de montagnes, forêt tropicale abritant une des biodiversités les plus développées de la planète et plages paradisiaques, le Panamá ravira tous les voyageurs en quête d’authenticité, de calme et de dépaysement.

 

Hormis son canal et le scandale financier qui l’a fait se révéler aux yeux du monde en avril 2016, je ne connaissais pas grand chose du Panamá. C’est en voulant partir à l’aventure que j’ai modestement décidé de m’essayer à défricher le pays.

 

BARRIÈRES NATURELLES DU PANAMA

Le Panamá est délimité à l’ouest par le Costa Rica et à l’est par la Colombie. Au sud, on y trouve l’océan Pacifique et au nord ce sont les eaux chaudes de la mer des Caraïbes qui vous attendent. Enfin, le pays est séparé en deux par le fameux canal, qui le délimite donc en deux zones distinctes.

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LES ARCHIPELS

Les archipels font partis des atouts indéniables du pays. Chaque archipel a ses avantages et les voyageurs qui s’y rendent ont des raisons bien spécifiques de le choisir. 4 grandes zones peuvent être délimitées (c.f. carte ci-dessus) :

  • archipel des San Blas, au nord est (Caraïbes)
  • Bocas del Toro, au nord ouest (Caraïbes)
  • Las Perlas, au sud est (côte Pacifique)
  • enfin, la zone naturelle protégée de l’Isla Coïba, au sud ouest (cote Pacifique)

 

SAN BLAS, COIN DE NATURE DES INDIENS KUNAS

Imaginez des eaux cristallines à perte de vue, entourant des centaines d’îlots isolés où s’alignent une végétation vierge et luxuriante. Les quelques 400 îles que compte l’archipel de San Blas s’émaillent le long de la côte Caribéenne, pratiquement jusqu’à la frontière colombienne. Elles forment une province autonome, gérée exclusivement par ses habitants : les indiens Kunas. Ces derniers ont conservé leur propre culture : langue, coutumes et même système économique. L’archipel vit en effet de la pêche et (plus récemment) du tourisme… mais aussi du commerce de noix de coco, avec lesquelles ils réalisent des échanges avec la Colombie (US$ 1 = 1 noix de coco).

On peut se baigner dans les eaux chaudes de l’archipel, mais la plongée en bouteille y est interdite pour des raisons de protection de l’environnement sous-marin. Pour s’y rendre, sachez qu’il existe des liaisons aériennes qui vous permettront notamment de voler en avions légers pour vous délecter du paysage sublime qui s’offre alors à vous à bord d’un Cessna Caravan. En vous rendant dans l’archipel des San Blas, il vous faudra vivre au rythme des Kunas : repas issus de la pêche du jour, activités en bateau, levers et couchers plus ou moins alignés avec ceux du soleil. En fonction du budget que vous souhaitez investir dans cette escale, vous dormirez dans de luxueuses paillotes ou dans des endroits plus modestes, généralement à même le sol, sans eau courante ni électricité. Il est, enfin, également possible de réserver des tours en voiliers ($$$).

 

BOCAS DEL TORO, PARADIS DES SURFEURS

Avis aux amateurs de surf ! L’archipel de Bocas del Toro est mondialement connu pour être l’un des spots de surf les plus prisés de la planète. Situé dans le nord ouest du pays, l’archipel est en fait constitué de neuf îles principales. La plus connue est Colón, où se trouve la capitale (Bocas del Toro). Si l’île la plus connue est prisée des touristes, sachez qu’une grande partie des autres îles reste bien à l’abri des regards. Si vous n’êtes pas surfeurs, vous pouvez sans nul doute envisager de vous rendre dans cette partie du pays.

Plusieurs autres activités peuvent en effet être envisagées sur place : tours en bateau à la découverte des îles alentours (Bastimentos, San Cristobal, Solarte, Cayo Agua, Pastores ou encore Popa), cours d’initiation à la cuisine locale, location de vélos – ou de quad – pour faire le tour de l’île… Vous pourrez ainsi avoir tout le loisir de vous perdre dans la jungle préservée et sauvage (c’est le mot), où il est fréquent d’observer des paresseux, singes hurleurs, toucans, perroquets ou encore iguanes. En parlant de reptiles, sachez qu’une partie de la jungle sur Colón est habitée par quelques caïmans, mais ces derniers n’ont aucune hâte de vous rencontrer, aucune crainte donc.

À voir / à faire : la plage de Bluff, située à 11 kilomètres au nord de la ville de Bocas. Cette plage de sable blanc est connue pour accueillir chaque année la venue des tortues de mer géantes, qui viennent y pondre leurs oeufs. En fonction de la saison, il est donc possible d’assister soit à la ponte, soit au formidable combat menés par les petits pour atteindre la mer. Un spectacle édifiant que je n’ai malheureusement pas pu admirer. Cette plage est bien évidemment strictement surveillée durant ces périodes.

 

LAS PERLAS ET SES FONDS SOUS MARINS CORALLIENS

Cet archipel est situé sur la côte pacifique du Panamá, dans le golfe du Panamá. Deux cents îlots le forment et la plus grande île est l’Isla del Rey. L’île principale est l’Isla Contadora. Las Perlas doit son nom à l’exploitation au XVIe siècle, par les Espagnols, des nombreuses perles naturelles que pêchaient les amérindiens dans les bancs d’huitres qui tapissaient alors les fonds marins. L’archipel est le plus accessible à partir d’un vol intérieur au départ de Panamá City ; il se situe à moins d’une demi-heure de vol. L’archipel comporte de très jolies plages et des fonds sous-marins coralliens. On n’y trouve plus de perles, mais les eaux sont riches en poissons. De juillet à septembre, il est même possible d’y observer des baleines à bosse. Niveau métro, mieux vaut s’y rendre à la saison sèche (de décembre à avril) ; le reste de l’année étant la saison des pluies.

 

ISLA COÏBA, PARADIS DE LA PLONGÉE SOUS-MARINE

Situé dans le golfe de Chiquirí, au large de Santa Catalina, l’archipel de Coïba est une immense réserve naturelle qui abrite le Parc national de Coïba. Sa zone est inscrite depuis 2005 au patrimoine mondial de l’UNESCO et ses fonds marins sont protégés. La zone de Isla Coïba est comparée aux îles Galapagos : véritable joyaux naturel, cet archipel abrite une faune marine impressionnante. Entre mi-août et décembre, les baleines à bosse viennent y mettre bas, mais vous pourrez également les apercevoir en dehors de ces périodes (nous en avons observé au large au mois de février).

Les eaux chaudes et plus ou moins profondes de l’île et de ses îlots abritent également une population de tortues, requins, dauphins et un vaste récif corallien. Amateurs de snorkeling ou plongeurs avérés, il est possible d’observer toutes ces espèces animales à la fois… un spectacle édifiant !

Sachez qu’il est possible de passer son PADI Open Water Diver au Panama. Et Isla Coiba est l’endroit rêvé pour se voir délivrer sa certification de plongeurs. Cette dernière est remise par l’organisation de plongée sous-marine PADI, qui vous permet une fois la théorie et la pratique passées, de pouvoir plonger jusqu’à 18 mètres de profondeur avec un binôme. Je ne peux que vous conseiller de vous rendre au centre PADI Panama Dive Center, situé sur la rue principale de Santa Catalina (www.panamadivecenter.com ; page Facebook). L’équipe est chaleureuse, professionnelle et met bien évidemment la sécurité au premier plan de toutes ses plongées. Je vous parle ici de mes plongées à Isla Coiba et de mon passage du PADI au Panama.

 

BARRIÈRE MONTAGNEUSE : BOQUETE

Réputée pour la douceur de son climat et son cadre naturel préservé, la petite ville de Boquette est nichée au coeur d’une vallée escarpée, non loin de la ville de David. C’est notamment pour ses randonnées que l’on décide de s’y rendre, mais également pour l’ascension du point culminant du Panama : le volcan Barú, qui culmine à plus de 3400 mètres. Pour ce dernier, il est nécessaire d’avoir un bon niveau de randonnée ; à défaut, je vous conseille d’organiser le tour avec un 4×4, car le chemin escarpé pour arriver à son sommet n’est pas de tout repos (prévoir 6-7h d’ascension et 5h pour redescendre). Enfin, si vous le pouvez, essayez de vous y rendre durant la fête des fleurs et du café (Feria de las Flores y del Café), qui s’y tient tous les ans durant une dizaine de jours au mois de janvier.

 

PANAMÀ CITY

Impossible de clore cet article sans parler de la capitale panaméenne. Point de départ de votre itinéraire, la ville de Panamá impressionne dès les premières minutes. Seconde ville d’Amérique Latine en terme de gratte-ciel après Saó Paulo au Brésil, ses 300 buildings vous accueilleront, toutes lumières sorties. Panamá City est située dans l’isthme de Panama, à l’entrée du canal, du côté de l’océan Pacifique. L’aéroport d’Albrook vous servira pour les vols intérieurs. Profitez de votre passage à Panama City pour visiter le fameux canal, ainsi que la vieille ville : Casco Viejo.

 

 

 

MON ITINÉRAIRE DE 3 SEMAINES AU PANAMA

JOUR 1 : ARRIVÉE À PANAMÁ CITY

Panama City est la ville d’arrivée des vols internationaux. N’oubliez pas de regarder par le hublot au moment de l’atterissage, vous pourrez voir sur votre gauche le fameux canal ainsi que tous les navires qui attendent leur autorisation pour entrer dans le port. C’est une ville hypnotisante, à deux vitesses. On se croirait à Miami avec tout ces gratte-ciels qui pointent vers le haut, mais nous sommes bien en Amérique Centrale.

 

JOURS 2 À 3 : ARCHIPEL DES SAN BLAS

Les San Blas, c’est l’archipel le plus authentique du Panama. Les 400 ilôts coraliens qui forment cet archipel sont tous plus beaux les uns que les autres. Comme expliqué plus haut, seuls une soixantaine sont habités par les indiens Kunas, qui gèrent la zone en toute autonomie. Pas d’électricité ni d’eau courante généralement, ce sera une vie à la dure durant plusieurs jours. Mais quel bonheur de déconnecter de tout, au beau milieu de la mer des Caraïbes ! Une véritable bouffée d’air frais. Au programme : farniente, snorkelling, et découverte de la culture Kunas. Le récit de mon expérience ici.

 

JOUR 4 : VALLÉE DE ANTÓN

El Vallee de Anton est située dans la province de Cocle. C’est un écrin de verdure au milieu du pays. C’est un village rural touristique d’un peu plus de 7 000 habitants. Elle est située à moins d’une tentaine de kilomètres de la panaméricaine qui traverse tout le Panama. Les bus à destination et en provenance de Panama City sont fréquents et il faut compter environ 2h pour relier la capitale panaméenne à Antón. Quelques jolies cascades dans le coin (el Macho). La région est également connue pour être l’un des habitats de la grenouille dorée du Panama, une espèce endémique en danger d’extinction. Certaines forêts autour de la ville sont des zones protégées.

 

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JOURS 5 À 10 : SANTA CATALINA ET PLONGÉE ISLA COÏBA

Santa Catalina est le point d’entrée pour vous rendre à Isla Coïba. C’est tout simplement l’un de mes meilleurs souvenirs du Panama. Un lieu incroyable où j’ai eu la chance de passer mon PADI, entourée de bancs de poissons multicolores, de tortues, de dauphins et… de requins ! Véritable aquarium. C’est une immense réserve naturelle qui abrite le parc national de Coïba. Une zone spéciale de protection marine a été inscrite depuis 2005 au patrimoine mondial de l’Unesco. Entre mi-août et mi-décembre, des baleines à bosse viennent y mettre bas. Les eaux chaudes et peu profondes de l’île et de ses îlots abritent un immense récif coralien, abritant toutes les espèces possibles et immaginables de poissons. Un véritable régal.

 

JOUR 11 : BOQUETE ET ASCENSION DU VOLCAN BARÙ

Comme expliqué plus haut, le Mont Barù est le point culminant du Panama. Nous avons réalisé son ascension en 4×4 (il est possible de le faire à pieds mais c’est tout bonnement éreintant et les conditions météos ne nous permettait pas de réaliser ce trek à travers la forêt dense et humide). Boquete est, quant à elle, la capiale de l’écotourisme au Panama.

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JOURS 12 À 15 : ARCHIPEL DE BOCAS DEL TORO

Bocas del Toro est le paradis des surfeurs. Les eaux chaudes et cristallines de la mer des Caraîbes offrent à cet archipel un lieu tout bonnement idéal pour les adeptes de ce sport. Les vagues sont immenses, véritablement. Ce sont des rouleaux compresseurs qui emportent chaque tentative de surfeurs un peu aventurier dans l’âme. Mais quel bonheur de voir ces sportifs dans les rouleaux. L’archipel comprend de très jolies îles et c’est aussi un lieu où les tortues viennent pondre dans le sable à un moment précis de l’année.

 

JOURS 16 À 17 : PANAMA CITY, DECOUVERTE DE LA VIEILLE VILLE

Véritable mégalopole à la croisée des océans et des continents, Panama City est une ville impressionnante, infatiguable, toute en constrastes. Certains édifices sont le témoignage d’un passé passionant. D’autres, plus récents, sont la preuve que le pays est en train d’avancer, tourné vers le ciel avec ses dizaines de gratte-ciels. La capitale du Panama est un véritable coup de coeur.

 

 

Et vous, quel est votre itinéraire pour votre séjour au Panama ?

4 Replies to “Itinéraire de 3 semaines au Panamá”

  1. Bravo Elise, super article bien fourni et agréable à lire. Le voyage en bus m’a bien fait rire !

    1. Merci :) ah… les trajets en bus. J’ai difficilement connus plus insupportables avec leur musique digne des années 90 à base de remix dépassés. Mais bon, c’est aussi ce qui fait le charme du séjour :)

  2. Bonjour Elise ! Top ton article !
    Justement nous partons 12 jours au Panama Début Novembre, penses-tu que la période est propice ? de plus ton itinéraire est-il possible en louant notre propre voiture et pour 12 jours ?
    Je te remercie et belle journée à toi !
    Nous habitons Strasbourg :)

    1. Coucou Sarah !
      Ah, une strasbourgeoise :) merci beaucoup pour ton commentaire :)
      Vous serez en pleine saison des pluies… ce qui ne veut pas dire que la météo n’est pas propice, mais prévoyez en tout cas des vêtements contre la pluie ! Il faut dire que le Panama reste tout de même un peu majoritairement ensoleillé, donc vous pouvez vous attendre à 25°C-30°C à priori et l’avantage, c’est que vous ne serez pas envahis de touristes à cette période !
      Concernant la voiture, je pense que c’est en effet tout à fait possible, mais 12 jours me semblent un peu étriqué pour vous rendre à la fois aux San Blas et à Bocas par vos propres moyens, en sachant qu’à Bocas il vous faudra ensuite prendre un ferry pour vous rendre sur l’archipel. Concernant les San Blas, là aussi, je vous conseille de passer directement par les personnes chez qui vous logerez (que ce soit un airbnb, ou des populations locales). Ils sont habitués à organiser ce type de séjour, donc vous pourrez sans aucun souci leur laisser le soin d’organiser tout ça à votre place :)
      Si tu as d’autres questions, n’hésite pas !
      Au plaisir de te lire,
      Elise

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