Islande hors des sentiers battus : itinéraire et budget

L’Islande, ce petit bout de terre perdu au milieu de l’Atlantique nord, à mi-chemin entre Europe et Amérique. C’est sur ce caillou de feu et de glace que j’ai décidé de poser mes valises à la levée du premier confinement post-COVID19. Un second voyage dans ce si beau pays, qui m’a permis cette fois d’en faire le tour et d’y admirer toutes les merveilles (ou presque) dont il regorge. À la fin de l’hiver la première fois, c’est en début d’été que j’ai décidé de le voir cette fois-ci. Son manteau de neige quasiment fondu, ce sont toutes les cascades qui se sont alors réveillées avec force dans un vacarme assourdissant. Désireuse de découvrir « la vraie Islande », j’ai tenté de dénicher des perles, hors des sentiers battus, et parfois boudés des guides touristiques. Pourtant, je vous l’assure : ils valent bien le détour ! Je vous propose donc l’itinéraire en Islande que nous avons réalisé. Il n’a pas vocation à être parfait mais a l’avantage de donner un bel aperçu de toutes les merveilles que ce pays a à offrir. J’ai bien sûr ajouté au programme de l’itinéraire quelques incontournables… avec un point sur le budget !

 

Notre itinéraire en Islande en deux semaines : cliquez sur la carte pour l’agrandir 

 

JOUR 1 : ARRIVÉE 

COVID19 : à notre arrivée à l’aéroport de Keflavik, un test PCR de dépistage nous est fait. Celui-ci était gratuit pour les premiers touristes arrivant sur le territoire à la levée du confinement. Il est aujourd’hui payant (entre 9 000 et 11 000 ISK, soit une soixantaine d’euros). Nous nous engageons à ne pas nous éloigner de Keflavik jusqu’à obtention du résultat négatif. Pas de confinement en Islande en ce mois de juin 2020. À ce jour, il semblerait qu’il soit possible de venir en Islande pour les touristes étrangers. En revanche, une quarantaine de 5-6 jours est demandée. Vous trouverez toutes les informations les plus à jour sur ce site : covid-is et celui de diplomatie-gouv. À savoir que nous avons eu le privilège de (re)-découvrir une Islande en sortie de confinement. Autrement dit, une nature vierge qui faisait de nous les premiers voyageurs, nous offrant un environnement sauvage et paisible. Nous découvrions chaque lieu comme si nous étions les premiers. Rares étaient les fois où nous étions plus que 10 à un même lieu, aussi touristique soit-il.

LOUER UNE VOITURE POUR UN ITINÉRAIRE EN ISLANDE

Pour un itinéraire en Islande, louer une voiture pour être libre de vous déplacer à votre guise est essentiel. D’autant plus que les routes sont en relativement bon état. Si vous restez sur la route 1 (la route circulaire qui fait le tour du pays), vous ne devriez pas avoir de soucis. À noter que cette route 1 a l’immense avantage de vous faire passer par tous les grands points d’intérêts du pays. Autre conseil : prenez un 4×4 ou à minima, un SUV. Au moins, pas de mauvaise surprise une fois sur place. Le SUV est l’option que nous avons d’ailleurs choisie : un excellent rapport qualité/prix.

En effet, la météo est très capricieuse en Islande. Il peut ainsi faire grand soleil pendant 1 heure puis l’instant d’après c’est de la grêle qui vous tombe dessus. Vous serez face au vent, à la pluie et à la neige en l’espace de quelques heures seulement. Et ce, peu importe la période de l’année à laquelle vous décidez de réaliser votre voyage. Un itinéraire en Islande, ça se prévoit, et ça commence par là : être prêts à affronter sa météo. C’est ce qui fait son charme après tout :)

Quelle agence de location de voitures pour un itinéraire en Islande ? Pour des raisons de praticité, nous avons récupéré la voiture de location directement à l’aéroport, avec l’agence Blue Car Rental. Je ne peux que vous recommander cette agence de location. C’est la deuxième fois que nous les choisissons et il n’y a jamais eu de mauvaises surprises. La flotte de voitures est moderne et en excellent état. Le SUV que nous avions n’avait que 20 kms au compteur… 

  • Budget : nous avons payé un peu moins de 900€ pour une Dacia Duster, toutes assurances comprises, deux conducteurs
  • Assurance : prenez-en une absolument ! Les conditions météo en Islande sont capricieuses comme expliqué plus haut. Il arrive fréquemment que des tempêtes de sable et de cendre abîment très sérieusement le véhicule. La portion de route la plus à risques est située aux abords de la route 1, au sud de l’Eyjafjallajökull (le fameux volcan qui avait bloqué tout le trafic aérien européen en 2010 suite à son éruption), jusqu’à Vík. Par ailleurs, certains lieux peuvent nécessiter des passages à guet sur des routes secondaires, les « F-roads ». Bref, vous aurez l’esprit plus tranquille avec une voiture assurée tous risques, croyez-moi. Nous avons également pris une option « Extra Driver » afin de pouvoir nous relayer sur le trajet.

 

JOUR 2 : PÉNINSULE DE SNÆFELLSNES

3h10 de route –240 kms

Le lendemain matin, nous recevons notre résultat PCR négatif : pas de COVID. Nous débutons donc notre itinéraire en Islande comme convenu. Direction le nord-ouest du pays : la péninsule de Snæfellsnes. Elle est connue pour abriter quelques unes des plus belles merveilles du pays. Si vous êtes chanceux, il vous sera possible de faire une rencontre avec l’un des renards polaires qui y ont élu domicile.

BÚÐAKIRKJA

Nous atteignons la péninsule après environ 2 heures de route au départ de Reykjavik. Premier arrêt : Búðakirkja Black Church. Il s’agit d’une petite église typique islandaise, qui, par temps dégagé, permet d’avoir une vue magnifique sur le glacier. Située à proximité directe de l’océan, vous pourrez vous balader à votre guise sur le littoral.

ARNASTAPI

Nous nous rendons ensuite à Arnastapi. Toujours sur la côte, Arnastapi est un adorable port de pêche miniature, niché au fond d’une crique et entouré d’imposants versants montagneux. Ce petit village abrite également une curieuse formation rocheuse en forme d’arche : Gatklettur Arc. Elle a été formée au gré des vents et des vagues de l’océan, qui se brisent avec force sur les parois rocheuses. Seuls les piaillements des oiseaux marins et le bruit des vagues qui se jettent sur les falaises brisent le silence.

En vous baladant le long du sentier de randonnée qui relie le port d’Arnastapi à la plage d’Hellnar, vous pourrez dénicher Eystrigjá, un pont rocheux naturel. Il s’étend entre deux gigantesques falaises abruptes et donnerait le vertige aux plus téméraires. Il faudra sortir quelque peu des sentiers battus pour le trouver. Prenez bien garde à la stabilité du sol qui peut être friable et glissant par endroits.

Le chemin de randonnée qui relie Arnastapi à Hellnar est bien agréable. Il faudra compter une bonne heure de balade. C’est sur la plage de galets noirs d’Hellnar que nous avons rencontré notre renardeau polaire :)

À Arnastapi, vos yeux seront naturellement attirés par un colosse de pierres : Bárður Snaefellsáss. Il s’agit d’une divinité du Mont Snæfell. Mi-troll, mi-humain, la légende dit qu’il serait devenu un esprit en disparaissant dans le glacier Snaefellsjökull. Attention, on ne rigole pas en Islande avec les trolls. À l’exception de rares cas, l’immense majorité des islandais croient sincèrement en la présence de gnomes, trolls, et autres créatures mystiques sur leurs terres. Cela dit, on ne peut pas leur en vouloir… Il faut dire aussi que le pays s’y prête drôlement bien. J’en reparlerai plus loin…

Hors des sentiers battus : en chemin, vous aurez la possibilité de vous arrêter à la chute d’eau Glymur. Celle-ci se trouve sur le trajet avant d’atteindre la péninsule. Elle est l’une des cascades les plus hautes d’Islande, avec ses 190 mètres de chute. Elle est souvent oubliée des touristiques, bien que très proche de Reykjavik. Comptez environ 1 heure de route au départ de la capitale islandaise. Cette cascade est cependant moins facile d’accès que celles du sud du pays par exemple. Comptez environ 3 heures de randonnée pour vous y rendre. Il faudra notamment traverser un cours d’eau à guet, en marchant sur un rondin de bois posé en travers. Une corde vous permettra de vous maintenir pour éviter de glisser.

  • Hébergement : Arnastapi Hotel – idéalement situé, dispose d’un panorama magnifique sur la mer
  • Budget : comptez entre 80 et 120€ la nuit

 

JOUR 3 : PÉNINSULE DE SNÆFELLSNES 

3h00 de route – 190 kms

DJÚPALÓNSSANDUR BEACH

Direction la seconde partie de la péninsule : Djúpalónssandur. Cette sublime plage de sable noir est en fait une crique chargée d’Histoire. En effet, entre le 16ème et le 19ème siècle, cette partie de la péninsule était la base de pêche saisonnière la plus importante et la plus active du pays. Elle est également tristement connue pour avoir été le lieu de naufrage d’un chalutier dans les années 50. Pris dans une tempête, le chalutier s’est échoué près des récifs abrupts, faisant plusieurs dizaines de morts. Seuls 5 ont survécu. Par ailleurs, de nombreux restes de ferrailles du chalutier se trouvent encore sur la plage. Ils semblent se fondre dans le décor, créant ainsi une atmosphère un peu mystique.

Nous continuons vers le nord, et passons devant le Crater Saxhóll. Ce lieu est gratuit, comme la grande majorité des lieux d’intérêts en Islande.

Hors des sentiers battus : un peu plus loin, à une vingtaine de minutes de route : les falaises Svörtuloft. Magnifique point d’observation, elles abritent notamment un phare d’une couleur orange très vive. Nous décidons volontairement de ne pas nous arrêter car la journée est encore longue et le programme loin d’être fini… À 7 minutes de là, la plage de Skarðsvík. Elle est bordée d’une succession de falaises.

 

KIRKJUFELLSFOSS – coup de coeur 

Une petite heure de route plus tard, nous atteignons le but de cette journée : le mont Kirkjufell. Ce nom signifie littéralement « la montagne église« . Bordée d’une jolie cascade, Kirkjufellsfoss, le lieu est féérique. C’est le site le plus photographié de l’île. Il est souvent considéré comme l’une des plus belles montagnes du monde. Elle est notamment apparue dans Game of Thrones comme étant « Arrow Head Mountain ».

Hors des sentiers battus : après une pause déjeuner bien méritée au pied de cette beauté, nous reprenons la route. Direction un champs de lave : Berserkjahraun. Vieux de plusieurs millénaires, cette immense coulée de lave est désormais recouverte de mousse. Cela créé un paysage unique dans la région, qui est pourtant souvent oublié des voyageurs. Quand on voit à quoi ressemblent ces champs de lave, pas étonnant que les islandais croient que des gnomes y résident…

  • Hébergement : Asubud Apartment – grand appartement cosy avec deux chambres, tout le confort nécessaire
  • Budget : environ 150€ la nuit

 

JOUR 4 : NORD-OUEST DE L’ISLANDE ET OBSERVATION DES PHOQUES

3h10 de route – 235 kms

Pour ce troisième jour, c’est vers une maison viking que nous prenons la route. Eiríksstaðir est en effet une reconstitution à l’identique de la maison qui aurait abrité Erik le Rouge. Ses fondations ont été posées à 100 mètres à l’ouest des vestiges de la maison originelle d’Erik le Rouge. Cet explorateur pionnier est resté dans l’histoire pour avoir fondé la première colonie européenne au Groenland. Faite de terre battue et de fondations en pierre, la maison est surmontée d’un toit en chaume, typique des maisons islandaises de l’époque. On y découvre la reconstitution de la vie quotidienne des vikings, qui ont fortement marqués l’Histoire islandaise.

Hors des sentiers battus : en route, vous pourrez vous arrêter à trois cascades : Attifoss, Benefoss et Ankafoss.

ILLUSGASTAÐIR

Nous partons ensuite en direction de la côte nord. Un premier arrêt à Illusgastaðir, un des meilleurs spots d’observation des phoques. Il est possible de se promener le long du littoral. Les phoques que nous avons vus avait décidés de se prélasser sous le soleil sur la bande de sable juste en face.

HVÍTSERKUR

À une demi-heure de route, Hvítserkur. Une nouvelle formation rocheuse naturelle et quelque peu surprenante, de près de 15 mètres de haut ! Une légende affirme que le rocher serait en réalité un troll, surpris par les rayons du soleil levant. Comme le veut les croyances, un troll touché par le soleil est transformé à jamais en pierre.

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KOLUGLJÚFUR – coup de coeur 

Hors des sentiers battus : Nous quittons ensuite le nord pour nous rendre au canyon Kolugljúfur. Ce lieu, sublime, est sans hésiter l’un de mes coups de coeur du voyage. Méconnu des touristes et peu cité dans les guides, ce canyon est pourtant un incontournable à mon sens. Il est possible de se balader tout autour, en prenant garde de ne pas vous approcher trop près du bord du précipice. Glissant et risquant de s’effondrer à tout moment, mieux vaut garder les deux pieds sur la terre ferme.

 

Nous prenons ensuite la route de notre hébergement pour ce soir.

  • Hébergement : Hofsstadir Country Hotel, l’un des plus beaux hôtels dans lequel nous avons séjourné, doit notamment être idéalement situé pour y observer les aurores boréales en hiver – coup de coeur 
  • Budget : environ 90€ la nuit, petit déjeuner inclus

 

JOUR 5 : RÉGION DU LAC MÝVATN

4h30 de route – 300 kms

La région du lac Mývatn n’est pas hors des sentiers battus, mais plusieurs de ses joyaux environnants le sont. Le lac est l’un des lieux les plus visités d’Islande. Les paysages y sont surprenants. À la fois verdoyants et marqués par une empreinte volcanique forte. Une nature à l’état pur où formations rocheuses, geysers, grottes et cascades sont légion.

REYKJAFOSS

Hors des sentiers battus : en route pour Mývatn, vous pourrez vous arrêter à la cascade Reykjafoss. Cette cascade fait partie des joyaux cachés de l’Islande. Il faudra sortir de la route 1 et stationner au parking indiqué. De là, vous continuerez à pieds quelques centaines de mètres. Impossible de la louper, vous verrez la vapeur d’eau au loin.

 

VIÐIMÝRARKIRKJA CHURCH

Il est aussi possible de faire le crochet par l’église Viđimýrarkirkja. Datant du 19ème siècle, elle est constituée d’un toit en chaume recouvert de hautes herbes. Entourée d’un petit cimetière, le charme est tout de même indéniable. Attention, l’église étant toujours utilisée par les habitants du village, vous ne pourrez y entrer.

 

GOÐAFOSS

Avant d’arriver à Mývatn, un incontournable de tout itinéraire en Islande : Goðafoss. Cette chute est l’une des plus célèbres du pays et porte le charmant nom de « cascade des dieux ». Avec ses 12 mètres de hauteur et 30 de largeur, elle est par ailleurs très accessible puisque quasiment sur la route 1.

Une fois arrivés au lac volcanique de Mývatn, plusieurs options s’offrent à vous. Voici un panel de lieux surprenants à découvrir tout autour du lac :

DIMMUBORGIR

Dimmuborgir : formation volcanique, dûe aux formations de lave en forme de colonnes. Il est possible de se balader pendant plus de deux heures au gré des sentiers qui ont été réalisés. C’est en fait un labyrinthe de lave noire, formé en imposantes grottes et formations rocheuses. Créé il y a plus de 2 300 ans par de la lave coulant sur un marais, le paysage qui en résulte est remarquable. Considéré comme le lieu où la terre se connecte à l’enfer dans le folklore islandais, c’est aussi la maison des 13 elfes du Père-Noël, ou Yule Lads.

HVERIR

Hverir : un site hydrothermal avec sources chaudes, fumerolles, mares de boue et solfatares très actives. Attention, la zone est infestée de moucherons et moustiques. Ces petites bêtes volantes ne piquent pas… mais sont relativement exaspérantes !

 

KRAFLA

Krafla, volcan le plus actif du nord de l’île et son cratère Viti. Ce lac est d’une jolie couleur turquoise. Il est possible de marcher tout autour du cratère et de diposer ainsi d’une vue panoramique sur la région.

Insolite : une douche, gratuite et naturellement chauffée, est disposée au milieu de nulle part, sur la route qui mène au cratère. L’occasion de se réchauffer les mains et/ou de prendre une douche pour les plus téméraires !

 

GRJÓTAGJÁ – coup de coeur 

Hors des sentiers battus : la grotte de Grjótagjá. C’est l’un des endroits les plus méconnus de la région nord. Il est pourtant situé à deux pas de Mývatn. Si vous êtes dans les parages et que vous avez le temps, je ne peux que vous recommander d’ajouter ce stop à votre itinéraire en Islande. La grotte fut formée par la lave qui a creusé la roche volcanique. Elle est relativement profonde, avec parfois peu de hauteur. Son eau est d’un bleu clair scintillant, et varie entre 43 et 48°C. Elle a elle aussi servi de décors à la série Game of Thrones. Il était possible de s’y baigner il y a quelques dizaines d’années, mais suite aux éruptions volcaniques du Krafla en 1975 et 1984, la température est devenue trop importante et une partie du toit s’est même effondrée.

  • Hébergement : Guesthouse Brekka, petites chambres mignonnes tenues par une islandaise, propreté impeccable
  • Budget : environ 90€ la nuit

 

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JOUR 6 : LES BALEINES D’HÚSAVÍK

1h00 de route – 30 kms

Que ne serait pas l’Islande sans ses baleines ? Impossible de boucler un itinéraire en Islande sans prévoir au programme une excursion à la découverte de ces mammifères marins gigantesques. Húsavík est réputée pour son rôle de capitale de l’observation des baleines en Europe. Aucune chasse n’y a jamais été pratiquée. La meilleure période pour s’y rendre est d’avril à mai et d’octobre à novembre et la probabilité d’y apercevoir un cétacé est très forte, voire quasi systématique. À savoir : il est également possible de choisir un combiné et d’aller observer les macareux de l’île de Flatey (choisir un Puffin Tours). Nous avons choisi l’agence Gentle Giants mais d’autres agences proposent les mêmes prestations. La durée du tour étant d’environ 2 heures 30, nous avons pris le déjeuner dans un restaurant en bordure de port. Le port d’Húsavík est en effet très charmant. Un véritable air des pays nordiques.

Conseils pour l’observation des baleines : venir avec des vêtements chauds, secs et imperméables. Il arrive que pour aller à la rencontre des cétacés l’agence décide de sortir un peu de la baie… et donc, ça secoue et ça trempe pas mal !

  • Hébergement : Skulagardur, petits bungalows indépendants avec vue dégagée 
  • Budget : environ 120€ la nuit, petit déjeuner inclus

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JOUR 7 : MERVEILLES DU NORD DE L’ISLANDE

1h40 de route – 90 kms

PARC NATIONAL JOKULSARGLUJUFUR

Nous prenons la route en direction du parc national de Jokulsarglujufur. Ce parc se situe au nord de la cascade de Dettifoss, que nous avons placée au programme de notre itinéraire en Islande plus tard dans la journée. C’est dans ce grand parc naturel que l’on peut faire une randonnée de plusieurs heures afin de partir notamment à la découverte de deux merveilles géologiques :

  • le Rauðholar
  • le Hljoðaklettar

C’est une randonnée absolument superbe. Elle permet de voir des paysages époustouflants à chaque nouveau virage.

Pour y accéder, il faudra suivre la route 862, en laissant la route numéro 1 sur le côté. Elle se transforme en piste de terre et de cailloux et est relativement accidentée et sablonneuse. (Vous me remercierez plus tard pour l’assurance tous risques sur le 4×4). Du fait de la nature de la piste, elle est fermée en hiver et donc inaccessible. Le parcours vous mènera au travers de grandes cheminées volcaniques et de colones de basaltes formées au gré des éruptions et refroidies avec le temps.

Hljoðaklettar (« l’église ») est une formation rocheuse sous forme d’arche, comme une entrée de grotte. C’est en réalité une coulée de lave qui s’est soulevée sous la pression et a formé cette sculpture tout à fait improbable. En continuant votre trajet, vous pourrez atteindre le Rauðholar. Il s’agit d’une montagne aux flancs rouges et noirs, recouverts par endroits de mousse d’un vert éclatant. C’est encore une fois un plaisir pour les yeux. Attention au vent lors de l’ascension !

 

 

DETTIFOSS

Après cette randonnée, c’est vers Dettifoss que nous avons continué la route. Dettifoss est la plus puissante chute d’Europe. Son débit varie entre 200 et 500 mètres cubes d’eau par seconde. Il double en été du fait de la fonte des glaces. Le spectacle est en effet assez édifiant ! Une fois devant, il est possible de se rapprocher au plus près des chutes d’eau, pour en saisir toute la force et la splendeur. Des escaliers (glissants) vous permettent de descendre progressivement. Un petit chemin de randonnée longe le cours d’eau et vous permet d’apprécier sa puissance.

SELFOSS

Juste à côté, sa petite soeur Selfoss n’a rien à lui envier. En forme de fer à cheval, elle est moins impressionnante mais très élégante. Un peu moins connue, elle est notamment reconnaissable par ses hautes colones de basalte qui longent son cours d’eau. Attention à ne pas confondre la cascade Selfoss avec la ville du même nom située dans le sud du pays. Pour vous rendre de Dettifoss à Selfoss, il faudra compter une dizaine de minutes à pieds. Le chemin est balisé.

Conseils pour la visite des cascades : attention, il y a beaucoup d’embruns à proximité de la cascade et les abords des berges peuvent être glissants et érodés. De bonnes chaussures sont nécessaires. Le parcours n’est pas toujours balisé et il faudra compter sur votre bonne jugeote pour ne pas vous approcher trop près des précipices. Encore une fois, c’est glissant et extrêmement trompeur.

  • Hébergement : Grímstunga Guesthouse, maison entière à partager, chambre triple 
  • Budget : environ 160€ la nuit

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JOUR 8 : VERS LES FJORDS DE L’EST

3h50 de route – 260 kms

Les fjords de l’est sont les joyaux de l’est islandais. Si vous envisagez un tour de l’île, c’est à ajouter impérativement sur la liste de votre itinéraire en Islande. La région est relativement isolée mais d’une beauté incomparable. Cette sensation est d’autant plus accentuée que les petits villages de pêcheurs – ces fjords – sont nichés aux pieds d’imposantes montagnes. Nous avons porté notre dévolu sur trois d’entre eux :

  • Borgarfjörður Eystri 
  • Seyðisfjörður
  • Mjóifjörður

 

BORGARFJÖRÐUR EYSTRI

Au programme : macareux, elfes cachés et maison en toit de chaume. Ce fjord déborde de charme. Il abrite notamment Álfaborg, qui serait le royaume des elfes. Selon la croyance populaire, la reine des elfes – Borghildur – vivrait ici.

Ce village de pêcheurs est aussi un passage obligé pour observer Lindarbakki : une curieuse maisonnette d’un rouge flamboyant, surmontée d’un toit de chaume. Construite au début du siècle dernier, elle reste une résidence secondaire dans laquelle vient séjourner sa propriétaire en été. D’extérieur, on ne distingue que quelques fenêtres qui sortent entre deux épaisses touffes d’herbes.

Enfin, c’est à Borgarfjörður qu’il est possible d’observer au plus près l’impressionnante colonie de macareux qui y a élu domicile. Hafnarhólmi est une plateforme d’observation située à l’extrémité du village. Meilleure saison pour les observer : de la mi-avril à la mi-août. Ces oiseaux sont l’emblème de l’Islande et ils ne peuvent s’observer qu’à certains endroits spécifiques du pays, notamment sur les falaises les plus escarpées.

 

SEYÐISFJÖRÐUR – coup de coeur 

Il est le fjord principal de l’est du pays. Et pour cause : c’est ici qu’arrivent de façon hebdomadaire les ferrys en provenance d’Europe. Il est aussi l’un des plus pittoresques, avec ses maisons colorées entourées de montagnes enneigées et de cascades. On a un goût de Groenland lorsqu’on y met un pied. On fera forcement un tour par son église luthérienne d’un bleu pur, de laquelle partent des pavées multicolores. Que la ville soit sous un voile brumeux ou un ciel bleu éclatant, Seyðisfjörður ravira tout un chacun. C’est définitivement l’un de mes coups de coeur du séjour.

Hors des sentiers battus : en route vers ce fjord, n’hésitez pas à vous arrêter sur le bas côté. Deux cascades valent en effet réellement le coup :

  • Fardagafoss
  • Gufufoss

Si la deuxième est un peu plus connue, la première a une petite particularité : celle de s’en approcher au plus près en se glissant derrière son épais rideau d’eau.

FARDAGAFOSS

Il faudra suivre un sentier de randonnée d’environ 3 km aller/retour pour se rendre à Fardagafoss. Le chemin est sublime et facile d’accès. Cependant, lorsque vous arriverez à proximité directe de la chute, prenez garde aux risques de chute. Le sentier est extrêmement glissant. Il est possible de se glisser derrière la cascade. Grandiose !

GUFUFOSS

Gufufoss est une autre très jolie cascade, qui est sur la route qui mène à Seyðisfjörður. Elle se voit aisément sur le côté de la route, vous ne pourrez pas la louper !

 

Nous passerons la nuit à Seyðisfjörður.

  • Hébergement : Gamli Skoli, ancienne école primaire, réhabilitée et aménagée en appartements indépendants 
  • Budget : environ 190€ la nuit

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JOUR 9 : ROUTE VERS LE SUD 

3h50 de route – 260 kms

MJÓIFJÖRÐUR

Pour finir le tour des fjords de notre itinéraire en Islande, nous prenons le cap en direction de Mjóifjörður. Il est l’un (si ce n’est le) plus beau fjord(s) de l’est. Sa particularité est qu’il est spécifiquement étroit et long. La route pour y arriver est sinueuse et permet de profiter d’une vue plongeante sur ce fjord. Niché à flanc de montagnes, il semble dans un petit écrin de verdure. Au fur et à mesure que vous descendrez et vous rapprocherez du niveau de la mer, vous troquerez la neige épaisse (par moments plus de 2,50 mètres au mois de juin) contre des prairies verdoyantes.

KLIFBREKKUFOSSAR – coup de coeur

Là encore, ne louper pas une autre sublime cascade. Elle est, selon moi, l’une des plus belles d’Islande : Klifbrekkufossar. Il vous faudra pour cela descendre au plus près du fjord. La route peut parfois être difficilement accessible, notamment à cause de la neige fondue par endroits qui peut la rendre glissante voire impraticable. Il est, là aussi, possible de marcher derrière la cascade.

Nous prenons ensuite la route direction le sud de l’Islande : Höfn. La route sera longue (plus de 5h en tout). Il est donc possible de s’arrêter en chemin du côté de Vestrahorn Mountain pour couper la route. C’est un édifice naturel isolé, presque entièrement épargné de la main de l’homme moderne. Les géologues lui donnent entre 8 et 11 millions d’années. C’est d’ailleurs ici qu’ont été retrouvé les plus anciennes traces témoignant d’une présence humaine sur l’île.

Hors des sentiers battus : en route, vous pourrez vous arrêter à trois cascades : Hengifoss, Lítanesfoss et Strútsfoss.

  • Hébergement : Foss Hotel Glacier, hôtel moderne proche de la route 1
  • Budget : environ 100€ la nuit, petit déjeuner inclus

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JOUR 10 : SUD DE L’ISLANDE

3h00 de route – 230 kms

JÖKULSÁRLON – coup de coeur

Nous continuons notre périple vers le sud. Cette fois-ci, c’est du côté de la lagune glaciaire de Jökulsárlon que nous nous arrêtons. C’était l’un des plus beaux souvenirs que je gardais de mon premier séjour islandais. Nous l’avions en effet placé lors de notre itinéraire en Islande sur la côte sud. Jökulsárlon est l’un de ces endroits irréels, où le temps semble s’être arrêté. Les photos que je mettrais plus bas sont celles que j’avais prises au mois d’avril 2017 lors de mon premier séjour en Islande, à la fin de l’hiver. En juin, le paysage est somme tout bien différent.

Des icebergs d’un bleu lumineux se détachent du Vatnajökull, le deuxième glacier le plus grand d’Europe. Ils dérivent dans la lagune glaciaire de Jökulsárlon pour se déverser ensuite dans l’océan Atlantique. On avait passé des heures à observer presque de façon nostalgique ces immenses bouts de glace translucide se déplacer lentement. Il y avait aussi ces phoques qui jouaient à cache-cache entre les blocs de glace. Certaines de ces superbes sculptures mettent des années avant de rejoindre l’océan. D’autres fondent au passage et s’effondrent même dans un bruit presque silencieux… C’est un spectacle à la fois reposant et surréaliste.

 

CANYON DE FJAÐRÁRGLJÚFUR – coup de coeur

C’est ensuite en direction du canyon Fjaðrárgljúfur que nous avons pris la route. Les gorges sont connues pour être parmi les plus impressionnantes d’Islande. Elles sont désormais interdites d’accès afin de protéger la flore. En revanche, un chemin balisé permet de les surplomber. La visite prend à peu près une heure et la vue vaut véritablement le coup, même par temps gris. À certaines endroits, le canyon atteint les 100 mètres de profondeurs. Il s’étend sur une longueur d’environ 2 kilomètres.

 

ELDHRAUN – coup de coeur

Eldraun est un large champs de lave recouvert de mousse, et surtout le plus étendu au monde ! À ajouter indéniablement à votre itinéraire en Islande. C’est une coulée de lave qui a formé ce desert vert géant, au cours d’une éruption en 1729. Nombreux sont les locaux qui croient en l’existence d’elfes qui vivraient dans ce champs de lave. Large de plus de 560 kms carrés, les elfes auraient donc la place d’y construire un autre royaume que celui d’Álfaborg (voir plus haut pour la réf !). Autre petite référence sympa : c’est ici que s’est entrainé l’équipage d’Apollo 11 pour leur sortie sur la lune en 1969. En cause ? La similitude du sol avec celle de notre jolie planète lunaire.

 

VÍK Í MÝRDAL

Vík í Mýrdal est un petit village de la côte sud de l’Islande. Lui aussi sera un incontournable de tout itinéraire en Islande, et pour cause ! C’est en effet un lieu d’où partent plusieurs expéditions : Landmannalaugar, Ice Cave etc. C’est par ailleurs la ville la plus pluvieuse d’Islande… prévoyez les ponchos ! À voir absolument : la sublime plage de sable noir de Reynisfjara ainsi que le plateau rocheux de Dyrhólæy. De là, vous aurez également une vue sur Reynisdrangar, des roches de basalte qui émergent de l’eau en pics abruptes. D’après la légende, les stacks se seraient formés lorsque deux trolls auraient tenté de trainer sans succès un trois-mâts sur le rivage. Absorbés par leur tâche nocturne, ils ne se seraient pas rendus compte du lever du soleil. Ils se transformèrent alors en aiguille de roche lors les premiers rayons les effleurèrent. Lors de votre passage à Vík, ne manquez pas non plus sa sublime petite église au toit rouge flamboyant. Cette dernière surplombe le village. Si vous êtes chanceux et que la vue est dégagée, cela vous permettra de prendre une magnifique photo de la vallée.

 

  • Hébergement : Seljalandsfoss Horizons, cottage moderne et très bien agencé, localisation parfaite 
  • Budget : environ 100€ la nuit

 

 

JOUR 11 : LANDMANNALAUGAR 

7h00 d’excursion 

EXCURSION EN JEEP – coup de coeur

Le Landmannalaugar est sans hésiter l’un des sites les plus grandioses d’Islande. De surcroît, situé en plein coeur du pays et à proximité de la Reykjavik, il est définitivement un incontournable de tout itinéraire en Islande. Son relief passe par tous les dégradés de gris, de verts, de bleus, de jaunes et d’orangés. Il offre en outre des montagnes multicolores et des cratères d’un bleu infini. C’est un site volcanique unique qui permet de s’enfoncer au sein de paysages tous plus beaux les uns que les autres. Ce sont essentiellement les éléments géologiques – comme le souffre ou le fer – qui ont peint les flancs de montagnes dans ce dégradé improbable. En résumé : un véritable régal pour les yeux !

Attention, la météo jouera un rôle primordial dans votre expérience au Landmannalaugar. Il faut savoir que même au mois de juin, de la neige peut se trouver sur votre passage. Il est possible de faire un trek de plusieurs jours de marche et de passer la nuit dans des campings ou des refuges. Faute de temps, nous avons opté pour la version en super jeep. Elle a l’avantage de nous permettre de nous enfoncer un peu plus dans le Landmannalaulgar que nous ne l’aurions fait à pieds sur une seule journée. Une journée intense de 8 heures environ. Sur place, il est possible de faire une randonnée d’environ 1 heure 30 par vous-même sur le temps de midi. Si une randonnée ne vous tente pas, vous pourrez également profiter des sources d’eau chaudes naturelles à proximité. Quoi qu’il en soit, que ce soit en trek ou en super jeep, le passage vaut le détour. Nous avons opté pour l’agence Southcoast Adventures et en avons été très satisfaits. Notre guide était particulièrement intéressant, passionné et passionnant !

 

GLJÚFRABÚI, JOYAU CACHÉ À L’INTÉRIEUR D’UNE GROTTE – coup de coeur

Gljúfrabúi ou Gljúfrafoss est une cascade qui était jusqu’il y a peu de temps encore, relativement peu connue. En effet, située à quelques centaines de mètres de sa grande soeur Seljalandsfoss, la particularité de Gljúfrabúi est qu’on ne la remarque pas au premier abord…

Et pour cause ! Gljúfrabúi est en effet cachée au sein d’un étroite grotte, entourée de parois-à-pic. On la remarque par le maigre filet d’eau qui s’écoule de derrière les immenses roches qui en marquent son entrée. Il faut s’approcher pour commencer à attendre la cascade gronder derrière les roches épaisses. Et c’est ensuite naturellement que l’on s’engouffre à l’intérieur des entrailles de la montagne.

À l’intérieur, il n’est pas difficile d’y évoluer mais le chemin d’accès fait moins de 2 mètres par endroits. En revanche, il vous faudra prévoir des habits et chaussures étanches, comme souvent en Islande. À moins de ne marcher dans l’eau, pas plus d’une personne ne peut entrer ou sortir à la fois. De toute façon, en quelques secondes, on est complètement trempés. Par moments, de brutales rafales de vents s’engouffrent dans le canyon et balayent la cascade. Cette dernière se laisse tomber dans un fracas assourdissant sur le sol de la grotte et en profite pour éclabousser les parois (et nous au passage). C’est encore une fois une démonstration de la beauté et de la force incroyable de la nature. Époustouflant !

 

SELJALANDSFOSS, L’INCONTOURNABLE

Seljalandsfoss est l’une des chutes les plus connues d’Islande. Elle se jette du haut d’une plate-forme et tombe de 65 mètres de hauteur. Sa particularité est que l’on peut passer derrière la chute pour en faire le tour en entier, en passant par un petit sentier. Le meilleur moment pour aller la voir est en fin de journée, au moment du coucher du soleil. Il se reflète alors dans le rideau de la cascade lorsqu’il touche l’horizon, conférant au lieu une atmosphère bien spéciale.

Attention tout de même, car le sentier qui vous mènera derrière la cascade est extrêmement glissant. J’ai fini sur les fesses à chacun de mes passages…

Elle reste à coup sûr un endroit à ajouter sur votre liste d’itinéraire en Islande !

 

NAUTHÚSAGIL GORGE, UN RAVIN HANTÉ ? – hors des sentiers battus 

L’Islande a ça de particulier que certains endroits peuvent être totalement hors du temps. Le pays étant en constante mouvance du fait de sa situation sur les plaques tectoniques et de sa très forte activité volcanique, nombreux sont les nouveaux fabuleux endroits qui se créent chaque année. Certains sont découverts et connus de tous car facilement accessibles. D’autres le sont beaucoup moins. Par exemple, chaque hiver, de nouvelles expéditions sont lancées par les agences d’excursions touristiques pour découvrir en avant première les nouvelles « Ice Cave », ces grottes de glace formées naturellement et inlassablement chaque année au renouveau de l’hiver.

C’est ainsi que nous avons découvert les gorges de Nathúsagil. Elles ne sont citées ni dans les guides touristiques, ni dans les blogs de voyages que j’avais pu lire avant de préparer mon itinéraire en Islande. C’est grâce aux recommandations de notre guide local de l’agence Southcoast Adventure que nous avons appris son existence. Munis de deux trois indications un peu floues, nous avons donc pris la route en direction de ce ravin. Pour vous y rendre, il faudra poursuivre la route après la visite de Seljalandsfoss et Gljúfrafoss. C’est sur une route secondaire, une « F-road« , que se poursuivra votre chemin. La piste est en terre battue, parsemée de cailloux. Après une bonne dizaine de minutes à des pointes à 30km/h, vous verrez une appendice sur la droite. Tournez et garez vous.

Nauthúsagil Ravine est un ravin, qui, d’extérieur, ne porte vraiment pas de mine. On remarque simplement une faille un peu béante et un mince filet d’eau qui s’en échappe. En revanche une fois à l’intérieur, on se retrouve au milieu d’un lieu vraiment spécial. Entouré d’immenses parois vertigineuses de part et d’autre, on avance à petits pas dans un cours d’eau peu profond (pour le moment). Le plafond du canyon est recouvert par d’imposantes végétations. Ces dernières laissent par moments un rayon de soleil s’infiltrer. Cela ajoute à l’aura un peu mystique du lieu.

Précautions : Il faut être bien équipés pour décider de s’y enfoncer : bottes de pluie ou guêtres seront de mise. Evitez les appareils photos qui prendront nécessairement la pluie et préférez un téléphone qui ne craint pas trop l’eau… L’eau montait en effet jusqu’à mes chevilles (OK, je ne fais pas 1 mètre 80 mais quand même). Nous avons dû notamment faire demi-tour quand on s’est rendus compte qu’elle serait montée au niveau des jambes si on poursuivait l’exploration. Le cours d’eau n’est pas toujours aussi puissant. Mais en raison de la fonte des glaces au printemps, je suppose que le débit était plus important qu’à d’autres saisons.

Toujours est-il que pour vous y rendre, il vous faudra avancer progressivement au fond du ravin, qui est long et relativement étroit par endroit. Des planches de bois permettront par moments un passage facilité au-dessus du cours d’eau. À d’autres, une chaine accrochée à flanc des parois vous permettra de vous tenir fermement. Vous tomberez tout d’abord sur deux petites cascades, qui sont déjà très jolies. Il est possible de grimper le gros rocher sur votre droite et de poursuivre votre découverte du canyon. Pour nous, cela aurait été à la nage tellement le niveau d’eau était important ce jour-là… Nous avons donc dû rebrousser chemin à cet endroit. À la fin, vos efforts seront récompensés par une chute d’eau gigantesque qui se jette dans le ravin.

Légende et croyances populaires : une légende locale raconte que ce ravin serait hanté par deux frères, issus d’une fratrie de quatre enfants. Toute la petite famille vivait alors dans une ferme : Nauthús (abandonnée en 1777). Deux des frères étaient des voyous, tandis que le troisième était un homme au grand coeur. Allons à l’essentiel : les deux voyous assassinèrent leur gentil frère. Après le meurtre de son frère, la soeur se serait enfuie dans la vallée de Stóridalur et se serait fiancée au fermier du village. Cette relation n’ayant pas plue aux deux frères, ces derniers ont alors juré de tuer le fermier. Un soir d’hiver, alors que le fernier rassemblait ses moutons, les deux frères se sont précipités sur lui. Ce dernier aurait alors tenté de les semer en se jetant dans la rivière mitoyenne. Les deux frères l’ont suivi et se sont noyés. Le fermier quant à lui, s’est en sorti indemne. C’est à partir de ce moment-là que la présence des deux frères se fit ressentir.

  • Hébergement : Seljalandsfoss Horizons, cottage moderne et très bien agencé, localisation parfaite 
  • Budget : environ 100€ la nuit

 

 

JOUR 12 : ICE CAVE, PLANE WRECK DC-3, SELJAVALLUNG 

2h10 de route – 230 kms

KATLA ICE CAVE

Depuis mon premier séjour en Islande, je rêvais d’y retourner pour pouvoir faire une excursion au sein d’une des nombreuses grottes de glace qui se forment chaque hiver. C’est donc naturellement que j’ai décidé de l’ajouter à notre itinéraire en Islande cette fois-ci. Les grottes de glace sont des phénomènes naturels qui proviennent de l’écoulement de l’eau sur ou sous le glacier. De nouvelles grottes de glace se forment chaque année. La période idéale pour réaliser un tour de ce type est bien sûr en plein hiver. C’est un effet à cette période qu’elles sont les plus impressionnantes, généralement d’un bleu étincelant.

Au mois de juin, la hausse des températures a pour principal impact de détruire progressivement ces constructions naturelles. Nous avons donc porté notre dévolu sur une grotte de glace s’étant formée sous le volcan Katla, qui est généralement visitable à toute période de l’année. C’est d’ailleurs la seule accessible en été. Puisqu’elle est créée au plus proche du volcan, des cendres volcaniques teintent de noir les parois de glaces de la grotte.

Même si la visite était impressionnante, je pense qu’une exploration en plein hiver n’a absolument rien à avoir avec celle que nous avons faite. Des tunnels de glace bleue sont par exemple la signature de la « Crystal Cave ». Cette grotte est l’une des plus connue et des plus jolies que l’on puisse visiter. Elle se forme chaque année depuis 2012 à peu près au même endroit, à proximité du Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe.

À savoir :

  • Les grottes de glace naturelles sont en mouvement constant. Elles peuvent donc prendre un visage différent chaque jour. Nous avons par exemple dû mettre un terme prématuré à notre excursion car le plafond de la grotte dans lequel nous étions commençait à fondre doucement.
  • En général, si votre excursion est annulée, c’est pour une bonne raison. Comme expliqué précédemment, elles peuvent, en fonction de la météo du jour, avoir changé d’aspect, être instables et donc, dangereuses. La grande majorité – si ce n’est toutes – des agences vous laisseront le choix entre annuler votre excursion ou la reporter à une date ultérieure. C’est pour votre sécurité. N’essayez jamais de vous rendre dans une grotte de glace par vos propres moyens.
  • Mettez des vêtements épais, par couches (comme les oignons) et surtout des gants. Le tout imperméable pour vous assurer de rester au sec le plus longtemps possible.

 

PLANE WRECK DC-3 – coup de coeur

Pour ceux qui me connaissent, vous saurez que l’aviation fait un peu partie de ma vie à présent… Et autant dire que lorsque j’ai appris la présence de la carcasse d’un DC-3 datant de la guerre froide au beau milieu de nulle part, je n’ai pas hésité à le rajouter à notre itinéraire en Islande.

C’est en 1973 qu’un avion de la marine Américaine a été forcé d’atterrir sur la plage de Sólheimasandur, dans le sud de l’Islande. Les raisons de cet atterrissage forcé sont d’ordre technique, vraisemblablement un manque de carburant. Heureusement, tout l’équipage est sorti indemne de cet incident. Ils ont récupéré ce qui pouvait l’être dans l’avion et l’ont ensuite laissé à l’abandon.

Pour s’y rendre, il faut compter sur un peu de patience. En effet, si on pouvait s’y rendre en voiture il y a encore quelques années, le chemin est à présent interdit aux véhicules et il faudra marcher environ deux  bonnes heures. On l’attend, on le cherche des yeux, mais il n’apparaît qu’au tout dernier moment.

Le DC-3 trône, vide et bien abimé, sur un sol noir. Quel contraste ! Nous étions seuls à ce moment-là. C’est dans un silence absolu que l’on a pu admirer un petit moment l’épave. Un moment à part, un peu hors du temps.

 

SELJAVALLALAUG SWIMMING POOL – coup de coeur

Cette piscine thermale chauffée naturellement à une température qui varie entre 30 et 34°C vaut le détour. Nichée aux pieds de collines verdoyantes (ou enneigées en hiver), nous y sommes allés un jour où une inversion thermique avait lieu, couvrant les environs d’un châle brumeux. Cela lui conférait un côté mystique. À tomber.

Elle est l’une des plus anciennes piscines d’Islande, et continue d’être utilisée par les locaux. Construite au début du siècle dernier, en 1923, son but premier était de permettre aux habitants des alentours d’apprendre à nager. À l’époque, un grand nombre d’islandais vivaient de la pêche. En revanche, la majorité ne savait pas nager. Ils mettaient alors leur vie en péril chaque jour lors de leur sortie en mer.

Aujourd’hui, il est possible de s’y baigner à sa guise. Le principe est simple : après une petite marche d’une quinzaine de minutes dans un cadre montagneux idyllique, vous arriverez face à cette piscine construite à flancs de montagne. Trois petits cabanons assez vétustes vous attendent pour vous permettre de vous changer à l’abri des regards. Pour permettre au lieu d’être entretenu (de façon bénévole par des locaux), une urne est disposée à l’entrée, vous permettant ainsi de participer à la hauteur de vos moyens et de votre générosité. N’hésitez pas à déposer quelques pièces. Quand on sait que l’immense majorité des sites touristiques en Islande sont gratuits, une participation pour une piscine géothermale dans un tel cadre n’est pas trop demander…

Attention tout de même : la piscine de 28 mètres de long et de 10 de large a pour point d’originalité que l’une de ses parois est en fait la montagne elle-même. Les rebords peuvent donc être irréguliers.

 

 

SKÓGAFOSS

Skógafoss est une autre incontournable d’un itinéraire en Islande. Elle se jette du haut d’une falaise et tombe de ses 62 mètres en formant une chute d’une largeur de près de 25 mètres. D’après une légende populaire, on raconte qu’un coffre se trouverait derrière la cascade, déposé par le Viking Þrasi Þórólfsson. Un enfant trouva le coffre quelques année plus tard, mais ne pu en prendre qu’une poignée. Du reste, elle est aujourd’hui entreposée au musée du village de Skógar.

 

 

C’est la fin de cet itinéraire en Islande !
En guise de conclusion, j‘espère qu’il vous aura donné des idées d’itinéraires pour explorer ce pays incroyable, ou à minima donné l’envie de le découvrir :) 

 

11 Replies to “Islande hors des sentiers battus : itinéraire et budget”

  1. Très belle transcription de notre périple post-confinement en Islande ! Ton récit étayé de précieux conseils et de légendes islandaises m’a permis de revivre ce beau voyage avec toi.

    1. Merci maman. Il va falloir y retourner pour faire le cap Horn :)

  2. Ton admirateur secret dit : Répondre

    Juste génial, ca fait rêver….

    1. Il faudra y aller pour faire les aurores boréales alors :)

  3. Article bien écrit et très complet.
    Mission accomplie, cela me donne envie de visiter le pays !

    1. Merci pour ce commentaire, très contente que ça t’ai plu Baptiste :)

  4. Excellent article, très belles photos, on aurait presque l’impression d’avoir fait ce voyage avec toi ! :-)

    Maintenant, il faut aussi préciser que les journées de 23h de pleine luminosité (proximité du cercle polaire arctique oblige) y étaient pour beaucoup pour nous permettre de boucler ces journées si bien remplies !

    Et on peut aussi rajouter que la journée 7 a été pimentée par le ressenti d’un tremblement de terre de magnitude 6, dont l’épicentre près de Siglufjörður était à moins de 100 km de notre hôtel à Skulagardur… Sans oublier les gnomes qui nous ont siphonné l’essence de notre Duster pendant la nuit près de Myvatn, le plafond trop bas et trop dur dans la grotte de Grjótagjá et encore plein d’autres bons souvenirs :-)

    1. Ah oui, tu fais bien de rajouter ces détails Christian !
      Les longues journées d’été (notamment avec le soleil de minuit) nous ont aidés à garder le programme dans le timing… ouf :)

      En ce qui concerne Grjótagjá, j’espère que tu n’as pas gardé de marques sur le crâne…
      C’était un super voyage.

  5. Très bel article, on ressent l’enthousiasme vécu durant ce séjour au travers de votre récit.
    Très bien écrit, cela donne envie de s’aventurer en Islande et les photos sont sublimes.
    Tout cela me rappelle mon enfance dans le Vinland

    1. Merci pour ce gentil commentaire :)
      J’ai dû faire une recherche sur le Vinland pour savoir de quoi il s’agissait… Ils n’y mangeraient pas des crabes par là-bas ?

  6. Magnifique article accompagné de sublimes photos à couper le souffle! Merci beaucoup de partager ces moments avec vos lecteurs et surtout de nous permettre de découvrir l’Islande à travers vos yeux!

    Tout à fait, je confirme que les crabes y sont succulents dans le Vinland!

    J’espère vous lire très bientôt!

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