Peninsule de Guanahacabibes a Cuba : entre plongee et nature

Cap à l’ouest, à la pointe la plus extrême de l’île où s’étend la péninsule de Guanahacabibes. Ici, ce sont plus de 100 000 hectares, dont une grande partie est sous-marine, protégés par le gouvernement cubain depuis 1973 avant d’être classée Réserve de la biosphère par l’UNESCO en 1987. Ce vaste territoire dans la continuité de la province de Piñar del Río nécessite une halte de plusieurs jours pour en mesurer toute la richesse. Nous en avons profiter pour découvrir cette partie du pays plus difficile d’accès, pour pouvoir notamment plonger à Maria la Gorda. La Péninsule de Guanahacabibes a ce quelque chose de spécial, qu’ont les morceaux de terre esseulés. Cette sensation de bout du monde. À réserver aux amateurs de plongées, de nature et d’environnement. 🦈🏝️🐢

Péninsule de Guanahacabibes, c'est quoi ?

Pour commencer, la Guanahacabibes (difficile à prononcer je vous l’accorde), c’est quoi ? En fait, la péninsule de Guanahacabibes, c’est ce petit morceau de terre situé tout à l’extrême de l’île cubaine. Pour s’y rendre, vous devrez passer par les services d’un taxi privé ou par la location d’une voiture. Je donne les coordonnées de notre chauffeur privé sur 3 jours plus loin dans l’article. Des bus font également le trajet plusieurs fois par semaine pour relier ce morceau esseulé. Attention en revanche, car les horaires ne sont pas toujours fiables (pour ainsi dire jamais). Surtout, la route est longue, très longue…

En effet, jusqu’à la ville de Piñar del Río, l’asphalte est roi. Mais passé cette région connue pour ses plantations de tabac, la route n’est alors faite que de terre et de nids-de-poule. Aussi, les 168km qui vous séparent de la péninsule vous paraîtront interminables. Cela dit, les paysages sont sublimes, ce qui facilite grandement la chose 😄

Ci-dessus, une carte de Cuba, avec la péninsule de Guanahacabibes située à l'extrême pointe ouest de l'île

Ici, ce sont près de 90 kilomètres de mangrove (abritant une communauté de crocodiles cubains) et tout autant de plage de sable blanc bordée de récifs coralliens. Il y a deux excellentes raisons de venir à la pointe extrême de l’île :

  • le centre de plongée de María la Gorda, connu pour être l’un des plus beaux spots de plongée de l’île
  • le parque nacional de península de Guanahacabibes, petite plaine écologiquement très riche
Un sublime cenote de la péninsule de Guanahacabibes, Cuba

Comment se rendre à Guanahacabibes ?

Accessible en deux heures de route depuis Piñar del Río, la péninsule de Guanahacabibes compte très peu d’infrastructures touristiques, ce qui lui dégage un charme de bout du monde

Des bus font des trajets au départ de Viñales. En revanche, mieux vaut se renseigner au préalable, car des changements de dernière minute peuvent avoir lieu. Le moyen le plus simple est encore de louer les services d’un taxi privado pour vous y rendre. Comptez alors entre 70 et 80 CUC par taxi privé au départ de Viñales.

Voici les coordonnées de Alain, l’une de nos plus belles rencontres de ce séjour à Cuba. Nous avons en effet passé trois jours complets avec lui et il a été d’une gentillesse incroyable. Je ne peux donc que vous recommander de le contacter (par WhatsApp) afin d’organiser avec lui votre périple jusqu’à la péninsule de Guanahacabibes : +53 53 52 87 78 – véritable coup de coeur

Faire de la plongée à Maria la Gorda

Précision : « María la Gorda » n’est en réalité rien d’autre que le nom donné à l’hôtel situé à la péninsule. Il ne s’agit pas d’une ville ni même d’un village. Le raccourci se fait souvent pour désigner cet endroit mais c’est un abus de langage, puisque l’hôtel « María la Gorda » (qui signifie pour la petite anecdote « Maria la grosse ») est en fait situé sur la péninsule de Guanahacabibes et dont les eaux sont situées en zone protégée.

C’est généralement la première raison d’une halte à la pointe ouest la plus extrême de Cuba : la plongée à Cuba. En effet, sa situation dans la réserve de Guanahacabibes a permis la préservation de nombreuses espèces. Parmi ces dernières, les tortues marines, qui viennent chaque année à la péninsule y pondre leurs oeufs (voir plus bas pour l’observation des tortues). Le site de Maria la Gorda permet ainsi de faire plus de 40 plongées différentes, dans des eaux chaudes qui offrent par ailleurs une visibilité quasi parfaite.

 

RÉSERVATIONS & TARIFS

Le centro internacional de buceo est situé directement à l’intérieur de l’hôtel. J’avais essayé de les contacter en amont du voyage pour réserver des plongées, mais cela est très difficile. Rappelons qu’internet n’est pas (encore) en accès illimité dans tout le pays, ce qui limite tout de même grandement les échanges… Deux solutions s’offrent alors à vous :

  • soit vous séjournez à l’hôtel : il vous sera ainsi possible de réserver directement vos plongées au moment de la réservation des nuits sur le site de l’hôtel
  • soit vous décidez de séjourner dans un village limitrophe (La Bajada par exemple, c’est ce que nous avons fait). Vous pourrez alors vous rendre par vos propres moyens à l’hôtel le jour même. De préférence tôt le matin, pour vous ajouter à un groupe de plongeurs

Tarifs : 35 CUC par plongée, package pour 5 plongées à 135 CUC et tarif dégressif jusqu’à 20 plongées ; 12 CUC la location de matériel de snorkeling.

 

Où dormir à Maria la Gorda ?

Nous avons fait le choix de séjourner à La Bajada. Il s’agit en effet du premier petit village (« hameau » serait plus approprié) à proximité de María la Gorda. Nous étions à la Villa Costa Salvaje (37 CUC la nuit). À savoir qu’il existe également la possibilité d’être hébergé directement à l’hôtel de María la Gorda. Comptez alors en moyenne 130 CUC la nuit. Vous serez ainsi logés dans de petits cabanons ou bungalows, avec vue sur mer ou plus en retrait.

 

 

Visite du parc national de Guanahacabibes

Classée Réserve de la Biosphère par l’UNESCO, l’ensemble de la région offre un panorama et des paysages bien différents. Qu’il s’agisse de la mangrove abritant une centaine de crocodiles cubains (plus aggressifs et plus gros que les crocrodiles américains que l’on peut retrouver dans les eaux de Floride). Ou bien de la centaine de kilomètres de sable blanc et de récifs corraliens plus à l’ouest où viennent pondre les tortues marines. Ou encore de sa colonie d’iguanes qui a investi les terres arides et rocailleuses du centre de la péninsule. Le parque nacional península de Guanahacabibes est riche d’une flore et d’une faune improbable.

On y trouve aussi des falaises et des tombants à pics, des cénotes aux eaux bleues limpides ou encore des grottes, lieu de vilégiatures des chauves-souris. Les amoureux de l’environnement y viendront donc pour admirer cet endroit encore intact et immaculé. Assurément, c’est une halte dans votre séjour à Cuba que vous ne regretterez pas si vous êtes sensibilisés à cette cause.

En revanche, pour accéder au parc de la péninsule de Guanahacabibes, vous devrez être accompagné d’un guide et véhiculé. Le parc emploie en effet une centaine de personnes. Ces dernières se consacrent à la recherche, à l’organisation des visites et à la surveillance des lieux. Pour réserver un tour avec l’un des guides, il vous suffira simplement de vous rendre à l’entrée du parc, dans le centre de visiteurs sur votre droite. Ici, il est ainsi possible de demander un guide anglophone ou hispanique en fonction de vos compétences lingustiques. Nous avons fait un tour de 4h avec Diosmi, que je ne peux que vous recommander. Un vrai bonheur que de faire cette promenade à ses côtés, tant son discours est celui d’un passioné. Et c’est par ailleurs avec Alain (dont j’ai mis les cordonnées plus haut) que nous avons pu faire le tour en voiture.

Observation des tortues à Guanahacabibes

Le parc propose également l’observation des tortues à sa liste des excursions organisées. Un programme de protection consacré aux tortues est mis en place depuis 1998, sous l’égide de chercheurs. On dénombre environ 1 500 tortues qui viennent sur les plages de la péninsule entre juin et août. La péninsule est en effet un lieu privilégié de ponte pour 4 espèces de tortues marines.

Les périodes de ponte et de naissance sont des périodes de grande activité au sein du parc. Des scientifiques et des bénévoles (écoliers locaux, mais aussi touristes) sont invités à les observer, à surveiller mais aussi à aider le processus. On y vient alors pour étudier et aider à la protection de ces espèces en danger. Les oeufs sont recensés et les lieux de ponte repérés afin que la mortalité à l’éclosion soit réduite. Pour y participer, vous pouvez vous renseigner au centre des visiteurs, situés à l’entrée du village de La Bajada. En saison, les observations ont lieu à la tombée de la nuit et la nuit. Généralement entre 22 heures et 2 heures du matin. L’éclosion des oeufs débute à la mi-septembre.