Découvrir Cuba : l’essentiel à savoir et conseils pratiques

Cuba. Ce petit bout de terre isolé au milieu de la mer des Caraïbes. On imagine aisément ces voitures américaines trônant sur les routes et roulant au rythme d’une musique cubaine entraînante. En fermant un peu les yeux, on voit très bien ces étendues de sable blanc, qui côtoient une mer d’un bleu translucide. On se projette, sirotant un mojito ou un cuba libre, face à des musiciens à la peau matte et dorée… l’un d’eux nous invitant à danser la salsa ? Non, bon là, peut-être pas.

 

PARTIR À CUBA, 100% OUI !

Oui, Cuba, c’est un peu un mélange de tout ça. À la différence près que les cubains ne sont pas tous bruns à la peau matte. Le peuple est en réalité un mélange exotique d’afro-américains, d’espagnols et de chinois. Ne vous étonnez donc pas de voir des cubains aux yeux très clairs. C’est relativement courant par là-bas… Ce pays, j’en rêvais un peu comme une gamine qui se voit juste prendre de jolies Chevrolet ou Ford américaines du siècle dernier en photo. Un peu comme une jeune femme qui s’imagine danser au rythme endiablé des soirées cubaines. Mais finalement, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. J’en suis revenue enchantée. Totalement subjuguée par ce pays qui m’aura mis une claque en pleine figure. Un pays de contrastes et de disparités, mais dont la gentillesse et la bienveillance de son peuple m’aura tout simplement laissée sans voix.

Dans cet article, je partage avec vous toutes les questions que je me suis posées en préparant ce voyage. Car, même si un voyage à Cuba réservera toujours son lot de surprises, il ne s’improvise pas totalement !

Vue sur Trinidad et les montagnes depuis le Couvent de San Francisco de Asis.

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ENTRER SUR LE TERRITOIRE CUBAIN

Pour entrer à Cuba, aucun visa n’est nécessaire. En revanche, vous devrez être munis de plusieurs documents au moment de passer la douane cubaine. Et attention, ils ne rigolent pas vraiment avec ça.

    1. Premier sésame : la carte de tourisme, délivrée par l’Ambassade cubaine. À noter qu’il existe d’autres façons d’obtenir une carte touristique en passant notamment par des intermédiaires. Nous avons fait le choix de passer par Novela Cuba, recommandé sur plusieurs forums. Très facile à obtenir (quelques jours seulement), il suffit de vous affranchir de la somme de 27€. Ajoutez à cela les frais de port de 1€ et la carte vous sera livrée quelques jours plus tard directement dans votre boîte aux lettres. La carte de tourisme a une validité de 30 jours et vous pouvez la prolonger une fois sur place.
    2. Le second document à avoir en votre possession est une attestation d’assurance, qui stipule que toute démarche médicale réalisée à Cuba sera prise en charge et que vous serez rapatriés en cas de besoin. En deux clics sur internet ou en téléphonant à votre assurance, vous obtiendrez facilement ce fameux sésame, et en español por favor.
    3. Enfin, comme quasiment partout… un passeport valide. Cela peut sembler logique, mais il faut néanmoins y penser et le cas échéant, en refaire un exemplaire car attention, ce dernier doit être valable au moins 6 mois au-delà de la date de retour.

Ruelles de Trinidad, le coup de coeur de ce voyage…

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QUAND PARTIR À CUBA ?

La meilleure saison pour se rendre à Cuba s’étend de fin novembre à début mai, durant la saison sèche. Ciel bleu et dégagé, peu de risques d’averses, températures avoisinant quotidiennement les 25°C… Le temps propice. Avant novembre, généralement de août à octobre, c’est la saison des ouragans qui prend place, avec tempêtes tropicales et cyclones au menu. Vous avez peut-être d’ailleurs entendu parler de l’ouragan Irma, en septembre 2017. Ce dernier, l’un des plus puissants jamais observés dans l’océan Atlantique, a parcouru le nord des Caraïbes et fait des dégâts considérables sur l’île.

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OÙ LOGER À CUBA ?

Sans hésiter : dans les casas particulares ! Pour arrondir leur fin de mois, nombreux sont les cubains qui ouvrent les portes de leur propre maison pour accueillir les touristes. À Cuba, le tourisme joue un rôle particulièrement important. En effet, le SMIC cubain est de l’ordre de 10 CUC (10 euros), quand un médecin ou un avocat gagne 40 euros. Un restaurant moyen sera aux alentours de 12 à 15 euros… Les cubains que vous verrez installés dans des restaurants seront donc pour la (très) grande majorité des cas, des cubains invités par des touristes.

Les  complexes hôteliers sont par ailleurs relativement rares à Cuba, excepté du côté de Varadero, où vous n’aurez quasiment que ça. L’avantage des casas particulares est bien évidemment son coût, relativement bon marché (entre 20 et 25 CUC en moyenne), mais aussi et surtout le partage qu’il permet d’avoir avec ses hôtes. Un moment unique, de convivialité et de bienveillance, où vous pourrez le temps d’une ou de plusieurs nuits, vous sentir presque comme chez vous. Les casas sont le seul hébergement que nous ayons utilisé tout au long de notre séjour et je dois dire que nous en avons été plus que ravies avec ma maman. Beaucoup de cubains sont sur Airbnb, ce qui facilite grandement la tâche quand il s’agit de porter son dévolu sur l’une ou l’autre casa. Je vous donnerai à la fin de cet article les noms et liens de chaque casa où nous sommes allées, et que je ne peux que vous recommander !

Hostal Mayra à Trinidad, une des plus jolies casas que nous ayons eue

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LA MONNAIE CUBAINE

À Cuba, il est intéressant de noter que deux monnaies circulent librement dans tout le pays : le peso cubain (CUP) et le peso convertible (CUC). Les premiers sont exclusivement réservés aux locaux ; les seconds sont utilisées indifféremment par les touristes et les cubains (bien sûr, plus par les extranjeros). Dès votre arrivée à La Havane, sachez qu’un bureau de change ouvert 24/24 vous permettra de changer vos EUR en CUC. Pas plus de 500 par personne dans un premier temps. Votre passeport sera nécessaire au moment du changement de monnaie (ainsi, le gouvernement saura à l’issue de votre voyage exactement la somme que vous aurez échangée grâce à ce système… astucieux).

Le taux de change est, semble-t’il, le même dans tout le pays. D’une façon générale, cela sera assez simple à vérifier car 1 euro revient environ à 1,15 CUC. Privilégiez les euros et évitez à tout prix les dollars américains, sur lesquels une taxe de 10% est ajoutée au moment du change. Il est aussi possible de retirer de l’argent directement avec sa carte de crédit.  J’ai lu cependant sur certains blogs qu’il arrivait que les cartes de crédit de banques américaines aient des soucis aux distributeurs. Assurez-vous donc au préalable auprès de votre banque que votre carte fonctionnera à Cuba.

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TÉLÉPHONIE & INTERNET À CUBA

À Cuba, pas de WiFi en libre service partout. Ne vous imaginez pas publier des photos ou envoyer des messages pour raconter vos belles découvertes à votre chéri / vos amis toutes les heures. Il y a généralement une grande place centrale qui permet d’accéder à un réseau WiFi ouvert, accessible grâce à l’achat d’une carte de connexion internet. 1h de connexion = 1 CUC, soit environ 1 euro. Ces cartes s’achètent dans les boutiques ECTESA, présentes dans chaque grande ville. Si, vous ne trouvez pas de boutique ECTESA, vous pourrez toujours en acheter à la volée mais il faudra allonger le double de CUC pour le même temps de connexion :) sinon, achetez directement une carte de 5 heures pour 5 CUC à votre arrivée à La Havane, au moins comme ça, vous serez tranquilles pour le reste du voyage !

NB : depuis décembre 2018, il semblerait que cela soit en train de changer progressivement. En savoir plus sur l’internet à Cuba

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LE PEUPLE CUBAIN

Le peuple cubain est mon plus gros coup de coeur de ce voyage. Comme je le disais plus haut, il est important de savoir que même aujourd’hui, le pays vit dans une sorte d’économie de survie après la mort de Fidel. Son frère, Raúl, est toujours au pouvoir et les conditions de vie du peuple cubain restent relativement précaires. Sous l’effet des réformes et de l’allégement de l’embargo américain (merci B. Obama), le pays s’était ouvert ces dernières années. Mais Trump a bien rapidement refermé tout ça à son arrivée. Le peuple est donc démuni, avec un salaire moyen avoisinant les 25 euros, quand on sait que les plus qualifiés peuvent espérer tout au mieux plafonner à 40. Les seuls à tirer leur épingle du jeu sont les professions en contact avec les touristes, et notamment les taxis, qui se font jusqu’à 200 euros quotidien. Pas étonnant que ce secteur soit si convoité et que le de travail au noir se généralise… En toute discrétion pourtant, car la délation est encore présente dans le pays. Des « presidente » élus dans chaque quartier des grandes villes font partis du CDR, el Comité de Defensa de la Revolución, visant à bannir le travail au noir et tout autre acte jugé hors-la-loi. Ils ne sont pas très appréciés des cubains d’ailleurs, qui pour beaucoup, voient le tourisme comme le seul moyen accessible pour arrondir leurs fins de mois.

Et comme toujours, ce sont les personnes avec le plus de « rien » qui font le plus de « tout ». J’ai encore une émotion immense quand je repense à tous ces regards échangés qui ne nécessitaient rien d’autre, à tous ces mots prononcés qui ont permis de nouer des liens en quelques jours à peine, à ces bouts de vie partagés avec un peuple qui n’a que le sourire aux lèvres et la malice dans les yeux. Un peuple heureux, gai et toujours positif. Un peuple qui aime la vie, la danse, la bonne humeur et qui aspire à un grand besoin de liberté. La chaleur et la gentillesse du peuple cubain m’auront tout simplement laissée sans voix.

Partout, où que vous soyez, de La Havane à Santiago de Cuba, en passant par Trinidad, vous vous baladerez dans les ruelles piétonnes au gré des sons des groupes de musique cubain. Des musiques envoutantes, enivrantes, qui invitent à s’arrêter, écouter, regarder et simplement… profiter. Disfrutar de la vida à Cuba, quelle chance !

Les groupes de musiques cubain qui enivrent vos sens.

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SÉCURITÉ & SANTÉ À CUBA

Cuba est l’un des pays les plus sécuritaires au monde.  À aucun moment, nous ne nous sommes senties en insécurité dans le pays. Le peuple cubain est très respectueux. Côté santé, aucun vaccin n’est nécessaire pour partir à Cuba. Cependant pensez à être à jour avec les vaccins recommandés en Europe (tétanos, polio, diphtérie).

Les ruelles de Trinidad, aux pavés lustrés par le temps

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SE DÉPLACER À CUBA

Il existe différents modes de transports sur l’île :

  • le bus Viazul ou Transtur. Il est possible de les réserver en ligne et à l’avance. Ils sont généralement vite remplis
  • la location de voiture, avec ou sans chauffeur. Relativement onéreux, comptez en moyenne 100 euros par jour de location. Et sans chauffeur il faudra être prêt à mettre la main dans le cambouis. En effet, les voitures ici sont rafistolées à l’aide de pièces de recup’ pour la plupart. Une Chevrolet avec un moteur Peugeot n’est pas rare par exemple :)
  • le taxi privado, qui comme son nom l’indique, est privé – un des seuls moyens possibles pour les lieux un peu excentrés comme Maria la Gorda (extrême sud ouest de l’île). Pensez à vous mettre à l’avant de la voiture, cela sera apprécié par votre chauffeur
  • le taxi colectivo – ou taxi collectif – pratique et souvent très bon marché. Permet de rencontrer des gens et de diviser les frais. N’oubliez pas de parler au chauffeur en espagnol même si votre maîtrise de la langue est basique. Les cubains sont très gentils et amicaux, et ils tâcheront de comprendre, de retraduire si nécessaire. Ils échangeront volontiers et vous parleront de leur pays et culture avec enthousiasme dans la plupart des cas.

Il est relativement facile de se déplacer à Cuba. La plupart du temps, vos casas vous proposeront de vous aider dans l’organisation de votre prochain trajet. La voiture de location est en revanche un gros pari, surtout si vous faites le choix de vous lancer seul et sans chauffeur. Les routes peuvent parfois être en piteux états et les matériaux qui permettent l’entretien des véhicules en état tout aussi médiocres. Ajouter à cela que vous devrez apprendre à partager votre espace de route entre les autres voitures, mais également les calèches (qui est à la fois moyen de transport et outil de travail), les chevaux, les boeufs, les piétons, les tracteurs (pour les plus riches cubains), les chiens, les vélos… Bref, un méli mélo de joyeux imprévus. Les voitures ne sont pas équipées de GPS, raison pour laquelle je vous recommande de télécharger l’application Maps.me accompagnée de sa carte de Cuba. Grâce à ce petit génie d’application, vous pourrez vous repérer partout sur l’île et même l’utiliser comme GPS.

Nous avons pour notre part fait le choix des transports en taxis colectivos  pour la plupart de nos trajets alternant avec du taxi privado pour nous rendre du côté de la Péninsule de Guanacabibes. À ce propos, je vous recommande sans hésiter un super chauffeur, Alain, avec qui nous avons partagé des moments inoubliables. Un amour de cubain, gentil, attentionné et tellement adorable. Voici ses coordonnées : +53 52 87 78, véritable coup de coeur.

Un autre chauffeur, du côté de Trinidad cette fois, très sympathique également : Ubaldo (+52 77 32 79).

 

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JE METS QUOI DANS MA VALISE POUR CUBA ?

Un point hyper important que je sous-estimais au moment de partir : l’accessibilité à tous les produits du quotidien qui est plus que limité pour le peuple cubain. Il est très difficile de trouver certains produits ; il y a donc quelques essentiels à ne pas oublier quand on part à Cuba :

  • une trousse de pharmacie complèteLe pays dispose d’un système de santé ultra-performant et d’un bon système scolaire. Les médecins cubains sont reconnus dans le monde entier comme étant parmi les meilleurs mais le manque de médicaments se fait ressentir, ainsi que les produits d’hygiène intime et féminine. N’hésitez donc pas à en amener en nombre suffisant pour votre propre usage, mais également pour en laisser à vos casas, qui en seront ravies.
  • comme dans la plupart des voyages, du désinfectant pour les mains et de l’anti-moustique (attention, ils sont plus que voraces à Cuba, surtout en plein été…)

Si vous avez de la place d’amener dans votre valise une partie des vêtements que vous ne mettez plus et qui prennent de la place inutilement (disons le clairement) dans votre armoire, quelques stylos, des produits d’hygiènes et de beauté…  faites-le. Amenez avec vous ce que vous pouvez. Vous ne pouvez pas imaginer l’accueil que ces objets trouveront auprès de leurs nouveaux propriétaires.

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CASAS PARTICULARES : RÉSERVER / PAS RÉSERVER ?

Voici la liste des casas où nous avons séjourné :

  • La Havane, Casa Cotarelo, avec Sara (cotarelohostal@gmail.com), l’hôte la plus attentionnée que nous ayons eue véritable coup de coeur 
  • Viñales, Villa Koki y Any (juliocesarcruz@nauta.com), vue à couper le souffle sur les mogotes
  • La Bajada, Villa Costa Salvaje, pour vraiment être coupé de tout le temps de quelques jours
  • Playa Larga, Caribe Star, jeune couple cubain adorable (magalis.perez@nauta.cu) et en train d’apprendre le français !
  • Trinidad, Hostal Mayra, simplement parfait, vous ne ferez pas plus central et authentique avec Mayra et son fils Adriano (hostalmayra@nauta.cu), tous deux plus qu’adorables véritable coup de coeur 

Pour notre part, nous avions fait le choix de réserver toutes les casas à l’avance. Nous voulions en effet choisir où nous allions séjourner. Avec Airbnb, il est en plus possible de lire les avis et de prendre le temps de faire son choix, ce qui est vraiment agréable. Il est aussi possible de se laisser porter au jour le jour sans aucun souci. Les casas sont nombreuses, notamment dans les villes touristiques comme La Havane ou Trinidad. De casa en casa, vos hôtes vous aideront à réserver chez l’un de leurs amis ou un membre de leur famille. Cela fonctionne beaucoup comme ça là-bas.

Alors, prêt à partir ?

4 Replies to “Découvrir Cuba : l’essentiel à savoir et conseils pratiques”

  1. Merci beaucoup de vos renseignements. J ai été à Cuba et elle sera avec moi pour toujours. Vous lire m a redonné l envié d y retourner. Vous avez réveillé des envies et sentiments présents mais mitigés par le temps. Bon Noel . Paz

    1. Bonjour Paz, et merci immensément pour ce commentaire :) c’est ce qui me motive à continuer ce blog, contente que cet article ait pu réveiller en vous de doux souvenirs.
      Cuba, quel bonheur ! C’est vraiment un coup de coeur… Je pense y retourner sous peu, j’ai tellement aimé que je ne peux pas me résoudre à ne plus m’y rendre.
      Il suffit parfois de peu pour sauter le pas… Qui sait, je vous relirais peut-être d’ici quelques mois me disant que vous y êtes retourné ? :)
      Je vous souhaite également un joyeux Nöel et de très belles fêtes de fin d’année,
      Elise

  2. Salut Elise,je te félicite de cet article très intéressant sur un pays que je ne connais pas.Tu m’a appris des tas de choses. Quid quant au paludisme? En espérant que ce message te trouvera en pleine forme.Bises à toi ainsi qu’à ta maman.

    1. Salut Dany et merci pour ton gentil commentaire :)
      Tant mieux si cet article permet d’apprendre des choses, ça me fait très plaisir que tu me dises ça. Tiens, ça me rappelle d’ailleurs l’époque où tu me racontais des histoires sur les serpents minute en Afrique ! Les rôles s’inversent :)
      Le paludisme, écoute il n’y a pas de cas recensé à ma connaissance. En revanche les moustiques sont ultra voraces par ici, donc mieux vaut s’équiper au possible avec répulsif et moustiquaires. J’ai encore quelques restes de piqûres sur les jambes, deux semaines après… pour te dire !
      J’en profite pour te souhaiter de très belles fêtes ainsi qu’à Janine et la petite
      Profitez bien de ces moments en famille, ce sont les plus importants…
      À très vite,
      Elise

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