Tour privé sur le Lac Titicaca

Le Lac Titicaca, plus haut lac navigable du monde, s’étend sur deux territoires : le Pérou et la Bolivie. Après avoir découvert Puno et son embarcadère pour visiter les îles flottantes d’Uros, nous partons en direction de la Bolivie, pour y rejoindre la ville de Copacabana (à ne pas confondre avec la plage mondialement connue brésilienne). Ici, pas de maillot de bains échancrés ni de bodybuildés réalisant leur footing matinal sur le bord de mer, mais plutôt une petite ville située sur les rives du mystérieux lac. Entre passage hasardeux d’une frontière, découverte de locaux et de mœurs étonnantes, nous voici bel et bien arrivés en Bolivie !

 

Passage de la frontière de Puno (Pérou) à Copacabana (Bolivie)

Puno

Le passage de la frontière Pérou-Bolivie a de quoi faire peur aux plus téméraires. Elle se fait grâce à un combiné de différents modes de transports : taxi, bus local, mini-combi… mais aussi à pied, pour le passage de la frontière seule. Les départs de bus  de Puno se font relativement tôt (vers 7h) et en continu jusqu’à la fermeture de la frontière (18h). Se rendre au terminal de Yunguyo (5 soles par personne, environ 1,50€)

Copacabana

Après 2 petites heures de trajet, nous voici arrivés à la frontière. Nous descendons du bus et échangeons nos dernières soles péruviennes pour des bolivianos en cherchant à négocier le meilleur taux aux bureaux de changes situés à la frontière. À pied, nous traversons cette longue avenue, qui n’est rien d’autre que la matérialisation de la frontière entre ces deux pays. Il faudra compter une dizaine de minutes pour les démarches administratives, un tampon supplémentaire et la Bolivie nous accueille ! Un mini-bus nous amène à la ville bolivienne de Copacabana.

 

Copacabana et le Lac Titicaca, côté bolivien

Notre chauffeur nous arrête à l’entrée de la ville. Arrivés à Copacabana, nous pensions trouver un village touristique animé. Ce sont contre toute attente des rues vides qui nous accueillent. Bizarre… nous marchons en direction du centre-ville, bien décidés à nous rapprocher des rives du lac. C’est alors que nous remarquons une longue file de voitures. Un embouteillage ? C’est ce qui expliquerait le dépose-voyageurs prématuré… En nous avançant, nous distinguons une allée noire de monde : touristes, locaux… tous semblent s’être réunis dans un grand brouhaha. Sans le vouloir, nous mettons en fait les pieds dans une grande fête populaire : le baptême des voitures à Copacabana.

 

Le jour de la Vierge, et le baptême des voitures à Copacabana

La Vierge de Copacabana, vénérée dans tout l’Altiplano, a son église dans la ville de Copacabana. Nous ignorions jusqu’à alors que nous tombions à pic dans le week-end le plus animé de toute l’année : celui de la fête de la Vierge, célébré dans tout le pays les 5 et 6 août ! À cette occasion, Copacabana devient alors un haut lieu de pèlerinage mais aussi de célébrations intenses : défilés, marchés gigantesques, fanfares ! Ajoutez à cela la cérémonie du baptême des voitures – une institution ici – et vous voilà dans l’épicentre de l’animation à la bolivienne. Faute d’assurance automobile, les conducteurs des environs comptent sur la protection de la Vierge, et Copacabana est (toute l’année durant) le passage obligé pour faire baptiser sa voiture. Il s’agit de décorer son véhicule et de le parer de tout un tas d’ornements : fleurs, bijoux, confettis… Le passage du prêtre assurera sa bénédiction. Les propriétaires bénissent ensuite leur voiture à leur façon… c’est à dire : en l’aspergeant de bière !
Une fête un peu surréaliste, connue dans toute l’Amérique du Sud.

Des milliers de personnes viennent en effet des 4 coins du continent tous les ans. En conséquence, les prix des logements durant ce week-end explosent, raison pour laquelle nous avons rapidement décidé de quitter Copacabana au profit de la fameuse île du Soleil, située en plein milieu du Lac Titicaca.

 

Tour privé sur l’Isla del Sol

Arrivés à l’embarcadère, nous négocions la privatisation d’un bateau pour 7 personnes. Notre choix s’arrête sur un local qui propose les services de son bateau en son nom. Le coût total est de 500 bolivianos, un peu moins de 70€. Ce prix comprend le trajet aller du jour et le retour le lendemain et nous revient à chacun à 10€ pour les deux journées.

Walter, notre capitaine, nous aide à déposer nos lourds sacs dans la cale. La traversée dure 1h30 et nous permet de profiter des paysages somptueux. Autour de nous, nous profitons du spectacle incroyable de la Cordillère Royale qui se reflète dans les eaux cristallines du lac.

Infos pratiques :

  • 5 bolivianos de droits d’entrée sur l’île 
  • possibilité de faire l’A/R dans la journée au départ de Copacabana mais je vous conseille d’y rester au moins une nuit (pour prendre le temps de profiter des lieux mais aussi d’assister aux formidables lever et coucher de soleil…)
  • prévoir crème et lunettes de soleil (réverbération intense sur le lac) mais aussi de quoi se couvrir (il fait rapidement frais une fois la nuit tombée à cette altitude)
  • retirer de l’argent liquide avant le départ (!) : attention, aucun distributeur sur l’île
  • sur place, possibilité de se ravitailler auprès de petites épiceries

 

Arrivée à Yumani, au sud de l’île

C’est à Yumani, petit village perché au sud de l’île, que l’on dépose les amarres de notre bateau. Arrivée sur l’île, on remarque rapidement la présence de quelques restaurants agrippés à flanc de colline, avec une vue imprenable sur le lac. C’est d’ailleurs dans l’un deux que nous jetterons notre dévolu pour le repas de midi (pris à 15h de l’après-midi, mais on est en vacances après tout…).

Nous profitons d’une vue magnifique sur la Cordillère Royale

Du port d’Yumani, il faut grimper plusieurs marches de pierres… et ça monte sec ! À 3800 mètres d’altitude, on commence en effet à sentir légèrement le poids des 12kg du sac à dos sur les épaules. Comptez environ une trentaine de minutes pour arriver tout en haut. En prime, vous rencontrerez sûrement quelques ânes, locaux et l’un ou l’autre rare touriste. Nous avons du avoir de la chance, car nous n’avons pas été face à face avec une horde d’occidentaux en quête de dépaysement (ils devaient sans doute tous rester à Copacabana pour participer aux cérémonies).

Astuce : avant de commencer l’ascension, arrêtez-vous à la petite source d’eau qui coule devant vous et servez-vous en pour remplir toutes les bouteilles vides que vous avez à disposition. Il s’agit en effet de la seule source d’eau potable de l’île (pas d’eau courante dans le village). Cela vous évitera de dépenser des sommes astronomiques dans les épiceries pour une bouteille de 25cl d’eau.

 

Où dormir à Yumani ?

N’ayant rien réservé au préalable, nous pensions trouver une petite auberge sur place. Walter, notre capitaine, nous offre alors de séjourner chez lui. Avec l’afflux régulier de touristes, les locaux commencent progressivement à ouvrir leur toit. Walter, avec sa famille, s’est lancé dans la construction de petites habitations sommaires, chacune avec salle de bain privative (chose assez rare sur l’île !).

L’avantage de séjourner chez Walter ? Le calme. Sa petite maison de pierres n’est en fait pas localisée dans le centre du village de Yumani. Pour y accéder, il vous faudra marcher quelques minutes (prévoir une lampe de poche) en coupant par le bois. Le calme, oui, mais aussi la gentillesse et la disponibilité de notre hôte : le lendemain matin, nous avons droit à un petit déjeuner fait maison, disposé sur une table rustique, face à l’immensité du lac qui s’éveille progressivement. Un endroit fabuleux, duquel il vous sera possible d’assister à un superbe lever de soleil sur la Cordillère.

Las Cabanas de Walter
Téléphone : 735 531 40
Prix : 80 bolivianos par nuit / personne (environ 10€)
Comprenant : eau chaude, salle de bain privative + petit déjeuner

Et en prime, des bébés chats ! Pas de doute, j’étais dans mon élément…

 

Que faire sur l’Isla del Sol ?

Assister au coucher de soleil

Le village de Yumani est perché tout en haut de la colline et donne en fait sur l’autre façade que celle du port sud. De nombreux restaurants et hospedaje (auberges) proposent lits et couverts. Le confort y est souvent sommaire, mais les paysages tout simplement splendides. C’est d’ici que vous pourrez admirer un coucher de soleil remarquable et hors du temps, sur les falaises saillantes hors de l’eau.

Le village a de particulier ses petites ruelles empierrées et ses collines qui s’étendent à perte de vue. Pour y voir le plus beau coucher de soleil, je vous conseille de vous perdre un peu dans les crêtes dominant le lac et de vous y trouver un petit coin tranquille. Les bars, tiendas (petites boutiques) et restaurants, sont souvent bondés à cette heure-ci : tous les voyageurs viennent profiter du panorama, une bière à la main.

 

Visiter las ruinas de Chinkana

Situées dans la partie nord de l’île, les ruines de Chinkana sont directement accessibles en bateau ou par la marche. Si vous partez de Yumani, comptez deux heures de marche pour rejoindre cet ancien sanctuaire. Le sentier des crêtes – modestement surnommé « Ruta sagrada de la eternidad del Sol » – s’étire sur environ 7km. Il traverse l’île par les hauteurs, offrant ainsi aux randonneurs une succession de panoramas imprenables sur le lac et la Cordillère Royale avec, entre autre, le mont Illampu, qui culmine à près de 6 400 mètres.

Le site de Chinkana marque par l’aridité de ses paysages, mais aussi par la beauté de la vue sur les criques environnantes.

Les ruines sont situées en contre-bas. Il est possible de se promener dans les dédales de murets de pierres qui forment des terrasses parfaitement géométriques suspendues à flanc de colline. Les ruines étaient utilisées à l’époque pour célébrer des rituels Incas. Deux fois par an, au moment du solstice d’été (21 juin) et d’hiver (21 décembre), des cérémonies étaient organisées, de façon alternée du côté nord et sud. Les ruines sont organisées autour de 8 portes, qui correspondent chacune à 8 entités sacrées, dont notamment les 3 animaux vénérés de la croyance Inca :

  • le puma (qui symbolise la « pachamama », la force de la nature et le monde terrestre)
  • le serpent (qui représente la sagesse du monde intérieur, le monde souterrain)
  • le condor (qui correspond au monde d’en haut, le pouvoir de l’esprit et l’espace).

Une des portes de las ruinas de Chinkana

A savoir : il est aussi possible d’emprunter le sentier littoral si vous restez plus de 2 jours et ainsi vous donner l’occasion de faire une boucle complète du nord au sud en alternant avec la route sacrée des crêtes.

 

Se rendre sur l’Isla de la Luna

Plus petite, l’île de la Lune ne s’est ouverte au tourisme que récemment. C’est l’un des lieux les plus préservés des autres terres andines. Il s’agit d’un lieu de culte à la femme, avec son « temple des vierges », situé sur la cime de l’île. Le Liñak Uyu (maison des femmes) était un lieu de recueil des vierges élues (appelées ñustas) et qui étaient guidées par une ancienne supérieure : la mamacona. Cette dernière les instruisait et leur enseignait le culte. Le temple est en ruines aujourd’hui et la nature y reprend peu à peu ses droits. Plusieurs voûtes servent de refuges aux offrandes : fleurs, feuilles de coca, fils de laine, pierres, bougies mais aussi photos et pièces d’argent. La construction du temple est faite en pierres taillées, avec une grande place centrale et deux ailes de part et d’autres.

Sur le côté droit, un sentier en escaliers de pierres vous permet d’atteindre le point culminant de l’île. De là, vous bénéficiez d’une vue imprenable sur la mer et la cordillère. Face à vous, les montagnes Illampu et Janco Uma, qui culminent toutes deux à plus de 6 300 mètres…

 

 

 

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