D’Uyuni (Bolivie) à San Pedro de Atacama (Chili)

Après deux semaines en Bolivie, nous décidons de nous rendre au Chili. Mais pas par n’importe quel moyen : en 4×4, durant 3 jours, au travers de la superbe région du Sud Lipez et du Salar d’Uyuni, à destination du désert de Atacama. Une excursion fantastique, qui nous amène de la Cordillère des Andes à l’Altiplano chilien. Chaque halte est l’occasion de s’évader grâce aux lagunes colorées nichées dans des paysages volcaniques aux couleurs incroyables. Cette traversée de frontière restera sans doute l’une des étapes les plus fantastiques de mon séjour en Amérique Latine.

 

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Détails d’un trek de 3 jours : Salar d’Uyuni et Sud Lipez

Pour toutes les informations pratiques concernant la préparation et l’organisation de votre séjour dans le Salar, je vous invite à lire mes conseils ici.

1er jour : cimetière de trains, île aux cactus géants, et le fameux Salar

Cette première journée débute par la découverte del Cementario del tren. C’est un site hors du temps, où s’entassent de vieilles carcasses de locomotives rouillées au beau milieu du désert. Ces vieilles motrices à vapeur servaient autrefois à l’industrie minière et semblent aujourd’hui comme échouées. C’est la première étape au menu des tours classiques que proposent les agences du coin mais le site est également accessible par soi-même, car situé juste à la périphérie de la ville : venir soit tôt le matin, soit pour le coucher de soleil afin d’éviter la foule qui s’y entasse chaque matin au moment du départ des hordes de 4×4.

Après quelques photos, nous faisons une halte à un marché dans la ville de Colchani. Pour un attrape-touriste, les prix ne sont pas si exagérés que ce que nous aurions pu penser. C’est ici que nous déjeunerons notre premier repas dans le désert. Au menu : alpaca, quinoa, légumes et quelques bananes en dessert.

Après ce repas frugal, nous continuons notre route. Progressivement, nous remarquons que le paysage change. La route, auparavant rocheuse et aride, se transforme progressivement en une couleur plus blanchâtre. Puis, c’est la texture qui nous semble différente : au sol, ce n’est plus de la poussière qui s’élève derrière les traces des pneus de notre 4×4, mais bien des grains de sel, soulevés au gré des accélérations de notre véhicule ! Nous voici en direction du fameux désert de sel : le Salar d’Uyuni. C’est sans voix que nous quittons les uns après les autres la jeep pour poser pied à terre : des monticules de sel se suivent, se superposent et semblent comme s’étendre à l’infini. Le Salar, en réalité, dispose d’une surface de sel épaisse de 2 à 120 mètres par endroit. L’endroit est tout simplement fascinant, d’une blancheur étale et d’une platitude parfaite.

Nous passons un long moment à nous délecter de l’emplacement et de ce moment que nous attendions tous depuis si longtemps. C’est en effet ici que sont réalisées les fameuses photos « funny pictures Uyuni » (un tour d’horizon des images les plus insolites). La surface parfaitement plane permet en effet de jouer avec des effets de profondeur et de rendre minuscule des objets en réalité grands et à l’inverse, de rendre gigantesque un dinosaure en plastique de 5cm.

Info écolo : le Salar compte 5,5 millions de tonnes de lithium exploitables sur les 11 millions que compte la planète. Autant dire que la Bolivie tient donc en ses terres une véritable mine d’or si le marché des voitures électrique explose. Le lithium est en effet le composant numéro un des batteries électriques.

Nous passons aussi devant le monument du Dakar ; lieu-étape du célèbre rallye.

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C’est après plusieurs km de routes de sel avalés par notre 4×4 que nous arrivons à l’Isla Incahuasi, l’île des cactus. C’est une île qui a la particularité d’être totalement recouverte de cactus, dont certains atteignent jusqu’à 12 mètres de haut ! Ils poussent en moyenne d’un centimètre par an. Ceux de deux mètres ont donc déjà… 200 ans. Il vous faudra régler la somme de 30$B pour grimper sur l’île mais le lieu est réellement splendide une fois arrivé au sommet. Tout autour de nous, le désert s’étend à perte de vue avec pour seule limite la chaîne de montagnes qui se déroule sous nos yeux sous 3 plans différents. Le soleil commence à se coucher et on distingue la surface du désert qui joue avec des nuances de gris incroyables.

 

Nous arrivons au gîte en début de soirée, à Puerto Chuvica. Nous passons la nuit dans un hôtel de sel. Le repas du soir est généreux : soupe, poulet, frites, légumes. Comme nous l’avions prévu, il faudra nous délaisser de 10$B pour accéder à la douche chaude (durant une durée limitée, pas plus de 8min!).

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Jour 2 : paysages époustouflants du Sud Lipez

Réveil matinal. Le départ est prévu à 06:30 avec le lever du soleil. Après un petit déjeuner rapide, nous partons en direction du Salar de Chiguana. Il s’agit en fait de la petite soeur du Salar d’Uyuni, une autre formation salée qui jouxte la frontière chilienne. Elle est entourée de volcans, ce qui lui confère une atmosphère particulière, avec ses nuances de gris, d’argent, de rouge et de blanc, survolé d’un ciel bleu sublime.

La ligne de chemin de fer qui traverse cette zone menait autrefois à des mines au Chili. L’utilisation de la ligne ferroviaire est toujours active mais elle ne sert désormais plus à la liaison des mines d’extractions chiliennes. Néanmoins, aujourd’hui encore, nombre de mines sont exploitées quotidiennement.

Le volcan Ollagüe, encore actif, culmine à plus de 5 800 mètres au dessus du niveau de la mer. Il est situé à cheval entre le Chili et la Bolivie. Quelques fumerolles au loin attestent de son activité. Il est possible de faire son ascension ; pour cela, comptez une journée entière et la nuit passée au pied du volcan. Petite information supplémentaire : si les dénivelés ne sont pas tous énormes, à cette altitude, tout devient plus difficile. Il est donc indispensable pour quiconque entreprend de grimper un volcan d’être au préalable acclimaté à l’altitude. Au moindre symptôme de mal d’altitude (le sorroche), redescendez immédiatement (et ce, même si votre guide vous assure qu’avec quelques feuilles de coca ça devrait passer…).

Volcan Ollagüe

Nous entamons ensuite notre route en direction des fameuses lagunes aux couleurs improbables et multicolores que compte le Sud Lipez. Ces sources d’eau, de formation naturelle, sont tout simplement surprenantes. Chaque zone traversée est grandiose ; sensation sans aucun doute accentuée par le vent, la sécheresse, le froid, les pistes abimées, mais aussi l’altitude et la fatigue qui se font par moment ressentir… À ce stade, le voyage devient une véritable expérience sensorielle, hors du temps et de la civilisation. Nous traversons ainsi les sublimes paysages entre la Laguna de Cañapa (notamment connue pour ses flamants roses), celle de la Laguna Charcota ou encore de la Laguna Honda avec sa chaîne de montagnes qui s’élève tout autour. Grandiose.

Les paysages qui se déroulent sous nos yeux sont diversifiés : déserts, ravins… On rencontre même de la neige aperçue au sommet des montagnes. La Montaña Colorada, une autre montagne que nous apercevons, tient son nom des couleurs des 7 minéraux qui sont présents dans cette chaîne montagneuse (ocre, souffre, plomb, platine, zinc, or, phosphate). Vicuñas sauvages sont également de la parties ; nous aurons même la chance d’observer un fenec. À un moment, un autre 4×4 se distingue au loin de par la fumée qu’il dégage ; les deux véhicules semblent alors entamer une course poursuite dans le désert…

Le désert de Salvador Dali est une autre étape de notre seconde journée : ce rocher semble comme tout droit sorti de nulle part. On fait des dizaines de kilomètres de route pour arriver à ce surréaliste paysage naturel. Les rochers sont impressionnants. Recouverts de sable, on s’amuse à grimper (je fais la maline, mais la descente est un peu moins aisée). Bon, je dis que ça sort de nulle part, mais c’est en fait une formation faite par le vent (ça souffle fort, je vous le dis depuis le début !).

Petite tornade de sable

On finit la journée par la Laguna Colorada : entourée de volcans, l’eau de cette lagune est habituellement rouge sang. C’est le résultat de la présence d’algues microscopiques dans l’eau… et vous ne savez pas tout ! C’est parce que les flamands roses se nourrissent de ces algues (qui sont plus ou moins concentrées en fonction des lagunes) que les flamands deviennent de cette couleur rosée. Heureusement que la réaction chimique n’est pas la même pour l’être humain…

C’est dans les abords de ce lac magnifique que nous passons la nuit. Ce qui est moins magnifique, c’est qu’on se situe à près de 5000 mètres d’altitude et que, par conséquent, nous passerons la nuit à – 17°C...

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Jour 3 : Geyser Sol del Mañana, Laguna Verde et passage de la frontière

Nous avons passé notre seconde nuit dans une petite auberge sommaire, en dortoir de 6. Ah, bien entendu, ici, pas de chauffage. L’eau est tellement gelée qu’après avoir lavé nos mains, nos doigts sont encore plus rouges que la Laguna Colorada. Pour les plus téméraires d’entre nous, la douche (semi-froide) aura couté 15$B. Pour les autres… tant pis, c’est le dernier jour !

On se réveille frigorifiés : bonnets, gants et chaussettes remontées jusqu’aux genoux (sexy). Avec, en prime, la soirée de la veille un peu arrosée : ouais, notre chauffeur était cool : il ne boit pas (hum…) mais avait dans son coffre 2 bouteilles de vin, dont une qu’il nous a gracieusement offert ; quand même cool le bonhomme !

Réveil encore plus matinal que la veille (c’est possible ?). Départ à 4:00… Mais c’est pour une raison qui en vaut la peine : les geysers Sol de Mañana ! On doit être sur le lieu à 5h du matin, c’est à cette heure que les geysers entrent activité. Ça sent le souffre, mais la fumée des geysers donne encore une fois à ce lieu une atmosphère à part.

Plus loin, certains courageux feront le choix de se baigner dans les eaux thermales du Salar de Chalviri ; un lieu superbe (mais il faut oser se dévêtir à cette altitude !!)

Nous reprenons la route direction l’avant dernière étape et non des moindres : la Laguna Verde ! La couleur verte de l’eau est plus ou moins marquée selon les endroits (les photos ne rendent pas la beauté du lieu).

Cette dernière lagune est surplombée par le volcan Licancabur, qui est visible également depuis le désert d’Atacama, au Chili. Ce volcan fait d’ailleurs également office de frontière naturelle.

Après une dernière heure de route, nous arrivons à la frontière chilienne. Les formalités administratives remplies (les douaniers ne sont VRAIMENT pas pressés…), on accède enfin au Chili, avec pour prochaine destination, la ville de San Pedro de Atacama.

 

Et en prime, une petite vidéo :

 

 

Alors, prêts à visiter le Salar d’Uni et Sud Lipez ?

 

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