Réveil loupé, à croire qu’on a un peu de mal à prendre le rythme indonésien. Résultat : une croix sur notre buffet de petit déjeuner qui avait pourtant l’air vraiment pas mal ! On se prépare et quitte l’hôtel pour aller à la découverte d’un restaurant qui nous paraît plutôt sympa dans un des quartiers de la ville. En sortant de l’hôtel, toujours des rabatteurs qui tentent de nous vendre leur tour en pousse-pousse ou trajet en taxi.

On fait le choix de faire le trajet à pieds : une distance de 2,7 km affichée sur Google maps, ça doit pouvoir se faire ! C’était sans compter sur la chaleur et l’humidité présente dans la ville. Finalement, après maintes recherches et demandes à des passants et commerçants, on ne parvient pas à mettre la main sur le fameux restaurant. On se perd dans les rues alentours et on finit par tomber sur un quartier qui regorge de restaurants mais qui ne semblent pas, à première vue, très touristiques. Ca tombe bien, c’est pile ce que l’on recherchait !

 

Elise

On porte finalement notre dévolu sur un petit restaurant, l’Alembana Roemah Makan, situé au 10 Jalan Cendrawasih, Demangan Baru. Lieu qui s’est avéré vraiment à la hauteur de nos attentes, fréquenté par des javanais qui s’y sont rendus au compte goutte. Nous essayons de baragouiner nos premiers mots en indonésien, ce qui ne manque pas de faire son effet : le serveur était des plus ouvert et agréable, il nous a donné des conseils pour la suite de notre périple et nous a notamment guidés pour prendre le bus et rentrer ainsi à l’hôtel de façon beaucoup plus économique.

Pause midi

Baba

Ce fut donc la découverte du réseau de transports en commun Yogja !

Pour faire simple : il y a un arrêt de bus qui sert de point de chute à plusieurs lignes. Un arrêt de bus est représenté par une petite construction en hauteur, sorte de plateforme. Une personne (ou deux, selon les stations) se tient à l’entrée de la station et demande aux futurs passagers leur destination finale, en échange de la modique somme de 3,000 roupies (0,20 cts). A chaque nouvelle arrivée de bus, la personne scande le numéro (2A, 2B etc) et fait signe d’avancer aux individus qui doivent emprunter la ligne en question. Au moment d’entrer dans le bus, une troisième personne fait son apparition : il s’agit de celui qui est en charge d’avertir les passagers des différents arrêts. Placé à la porte d’entrée, il aide les voyageurs à monter et descendre du train (une marche sépare en effet la plateforme de la station, du bus en lui-même et est située à une certaine hauteur).

A la place des voix automatisées présentes dans nos trams et métros de l’hexagone et en remplacement des contrôleurs présents de façon épisodique, ici ce sont bel et bien des personnes qui tiennent ces rôles. Pas de fraudes possibles puisqu’à chaque arrivée, on vous demande de payer pour pouvoir monter dans l’espace réservé à l’attente et pas, non plus, de manquement d’arrêt puisque là encore, une personne vous fait signe lorsque votre arrêt est le suivant. Enfin, le trajet est ponctué de pauses durant lesquelles le monsieur qui scande les stations ouvre les portes de façon manuelle, lorsque le bus est encore en marche. Il se tient à peine. Pas rassurant pour lui quant on remarque la vétusté des bus : rouille sur les parois, sol à moitié nu et bidon d’essence présent à côté du chauffeur (le plus souvent roulant pieds-nus).

Quand le bus arrive, c’est un chassé-croisé de montées et de descentes qui s’en suit et c’est tout agglutinés que nous arrivons à nous faufiler dans le bolide. Bolide ? Oui, il doit en effet se frayer un chemin au milieu des voitures et des deux roues qui roulent, eux, comme si le code de la route était une totale invention insignifiante et dénuée de sens.

Ce mode de transport est vraiment celui que nous préconiserons pour la suite de notre voyage. Contrairement au taxi, il a l’avantage de permettre une proximité avec la population et de se sentir au plus proche de la vie quotidienne des habitants. Le gros point positif se fait d’un point de vue économique : on est tout de même passé de 50,000 roupies demandés par un taxi à la sortie de l’hôtel à 6,000 à deux pour un trajet identique. Enfin, il semble que le réseau de la ville soit relativement étendu et permet ainsi de relier tous les grands points. Il faut compter environ 10min entre chaque bus. Le véhicule finit par nous déposer à quelques mètres de notre hôtel.

Une tête dans la piscine histoire de se rafraîchir et de se détendre après cet après-midi un peu éreintante. Ce soir, nous nous rendons dans un restaurant situé en plein centre : le Warang. Une soupe poulet-curry pour Elise et un plat à base de riz, de bœuf et d’épices pour Baptiste. Encore une fois, nos petits échanges en javanais permettent de décrocher des sourires à nos interlocuteurs, qui échangent volontiers avec nous et tentent de nous apprendre quelques mots et expressions qu’ils griffonnent sur des bouts de papiers. Cet accueil chaleureux est vraiment agréable.

Se promener des les rues de la ville devient presque familier et nous allons de découvertes en découvertes. Nous savourons deux jus de fruits frais, au 52 Milk and Yoghurt, situé sur Jalan Prawirotaman et rentrons en pousse-pouse… Expérience à vivre mais pas franchement agréable quant on se rend compte que notre « chauffeur » est à deux doigts de s’arrêter de respirer à son arrivée. Il s’agit aussi de notre première tentative de négociation réussie : nous baissons le prix initial de 25,000 roupies à 15,000 (grâce, certainement, à nos petits échanges en indonésien à base de :

 

« Selamat malam » (bonsoir)

« Saya mau taksi » (je voudrais un taxi) et

« Adu mahal, bisa kurang sedikit ? » (c’est trop cher, vous-pouvez baisser le prix ?)

 

Un petit « Terimakasi » (merci) et nous voilà assis dans une petite carriole de fortune posée sur un vélo à moitié rouillé, avec, sur sa selle, un indonésien à bout de souffle.