Vol à l’arraché à Phnom Penh : il ne fait pas toujours bon être touristes

Après avoir quitté la ville de Siem Reap, nous avons pris la route pour Phnom Penh, capitale du pays. En négociant un petit peu, il est facile de trouver un mini-van qui se chargera du transport entre les deux méga-villes Cambodgiennes pour la modique somme de $9. La plupart des compagnies à Siem Reap vous laisseront le choix entre bus et mini-van, mettant en avant le fait que le mini-van met en moyenne 3h de moins que le bus… mais omettant de dire que la route qui suivra est parsemée de nids de poules et de terre battue ! Je m’adresse aux amateurs du Silverstar : vous serez régalés.

 

Nous voilà donc arrivés après 6h longues très longues heures de route, à destination : Phnom Penh. Un couple d’hindous nous aura fait la conversation durant tout le trajet, nous invitant même à venir leur rendre visite en Inde (enfin, pas tout à fait « inviter à leur rendre visite à eux » ; mais du moins inciter à venir en Inde). Deux trois bonnes idées de villes à visiter en Inde grifonnées sur un papier, et nous nous disons chaleureusement au revoir. Notre nouveau poto nous aura quand même prévenus : « attention, ici à Phnom Penh, les vols à l’arraché sont fréquents« . Lui même, expatrié depuis peu, a vu trois de ses amis se faire tirer leur téléphone qu’ils tenaient dans leurs mains. On tient compte de ce qu’il dit, évidemment, mais en prenant le risque à la légère puisqu’à Paris, à Rome ou à Berlin, c’est la même chose : les pickpockets aiment bien se balader dans les capitales et puis on pense être un peu globetrotteurs dans l’âme, alors ça va, on passera aux travers des filets.

 

On descend donc du mini-van, direction le premier tuktuk sympathique que nous croisons. On indique l’adresse de l’hôtel (pour infos, nous avons séjourné au 9 Hotel, que nous ne recommandons pas franchement). L’hôtel est situé à deux pas du Royal Palace ; et si la situation géographique n’est pas trop mal (petite rue calme et tranquille, quelques restaus sympas dans les environs), il n’en est pas de même pour cet hôtel (et notamment son personnel), qui de prime à bord semble correct – décoration recherchée, plats cambodgiens et occidentaux à toute heure –, mais qui omettra toute notion de sympathie le soir même.

 

Cela étant, nous emménageons dans notre chambre – mention spéciale pour les barreaux aux fenêtres – et nous préparons à partir à la découverte de la ville. Nous nous baladons dans le quartier diplomatique et flânons tranquillement dans les ruelles animées de la capitale, à la recherche d’un endroit agréable et plus ou moins traditionnel pour dîner.

 

Ce sera un bouiboui d’une rue principalement fréquentée par des locaux qui attirera finalement notre attention. Le repas à $1,5, à base de nouilles et riz sautés, fut excellent. Un couple de cambodgiens partageant notre table s’est offert le luxe de déguster de la cervelle en soupe. Ça change des pieds de porcs et des langues de canards, nous dira-t-on.

 

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En continuant à flâner, nous passons devant un marché de rue particulièrement dynamique. La nuit – qui tombe aux alentours de 18h en cette période de l’année – contraints les marchands à éclairer leur stand. Affichant ainsi toute une enfilade de brochettes et de poissons cuits au BBQ à l’aide d’ampoules relativement peu puissantes, ils confèrent à ce night-market une atmosphère intimiste et agréable. Attablés, on remarquera quasiment autant d’occidentaux que de locaux, ce qui nous incitera à garder cet emplacement en mémoire pour le soir suivant.

 

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Cette promenade retour est ponctuée d’arrêts pauses-photos. On se dit qu’on a de la chance quand même ; bien sûr, on pense à ceux qui se lèvent le matin en se demandant pourquoi il fait si froid, pendant que nous on se retrouve ici en short/t-shirt et robe d’été dans les rues de Phnom Penh. Plutôt sympa quand même. Et puis plus on se rapproche de l’hôtel, plus on trouve des trucs intéressants à photographier. Une petite dernière et on arrive à notre pied-à-terre éphémère.

 

À l’angle d’un virage, une petite rue débouche sur ce grand parc. Comme dans l’ensemble de la ville, il y a du trafic : des voitures, des motos et des scooters, un peu partout et un peu bruyants. Je sens que l’un de ces tarés qui roule un peu trop vite me frôle. Je me dis que c’est un abruti de rouler aussi vite, alors je me déplace de quelques centimètres. Là, je sens que quelque chose est tiré. Tiens, c’est bizarre, je me sens partir.

 

En fait, ma sacoche, portée contre moi, est en train d’être tirée par le motard à l’arrière de ce deux roues. Par réflexe, j’imagine, j’essaie de la retenir. Je la tiens fermement contre moi, mais je lève les yeux et je vois le passager me regarder avec ma sacoche entre les mains. Visiblement, il l’a tenait plus fermement que moi. Avec la rapidité du scooter et la volonté du voleur, la sacoche craque, me laissant pour seul propriété les ances du sac sur les épaules.

 

Je les vois s’éloigner, vite, trop vite. Je cours, j’essaie de les rattraper, Baptiste aussi, mais c’est trop tard. Nos deux téléphones, les CB, l’argent à l’intérieur et tous les autres petits trucs sont bels et bien partis avec cet engin. On assiste à leur évanouissement rapide dans cette rue sombre, puis leur ralentissement au bout du chemin, à leur arrivée à ce parc, comme pour paraître normal dans la foule.

 

C’est le début de la paperasse qui commencera. Très rapidement, il nous faudra faire opposition aux CB, trouver un autre moyen de paiement, changer les mots de passe des différentes applications ouvertes sur nos téléphones, bref, un tas de choses à faire, sans ordinateurs, sans téléphones et sans internet à proprement parlé. L’hôtel n’aura pas été d’une grande aide mais différents voyageurs logeant au même endroit nous aurons porté main forte en nous prêtant leur téléphone pour passer les appels nécessaires.

 

Vols à l’arraché en recrudescence à Phnom Penh

Pour l’anecdote, peu après être arrivée au Comissariat de police, un jeune couple est arrivé, lui aussi victime d’un vol deux minutes plus tôt. Au moment de porter plainte, le policier nous a montré une déposition de plainte d’un autre couple, ayant été victime d’un vol au même angle de rue, le même jour. La policière de l’Ambassade que nous avons rencontré au moment ou nous étions bien incapables de savoir quoi faire, nous a raconté qu’elle même avait été victime d’une agression une semaine après être arrivée au Cambodge, à 200 mètres de l’Ambassade. La violence de ce type d’acte semble être en recrudescence sérieuse depuis quelques temps, principalement à Phnom Penh, et de plus en plus de plaintes sont recensées de façon quotidienne.

 

Avant tout déplacement, il est donc fortement conseillé de s’informer via le site du Gouvernement français, mis à jour en temps réel sur les conditions à la fois de sécurité et sanitaires de tous les pays du monde.

 

Que faire en cas de vol à l’étranger ?

Plusieurs choses sont à faire en urgence en cas de vols, qu’il y ait agression physique violente ou non.

1. Faire immédiatement ou dès que possible opposition à vos cartes bancaires. En effet, au Cambodge (et dans d’autres pays d’Asie), il n’est que rarement demandé de taper le code confidentiel associé aux CB. Des achats peuvent donc se faire facilement sans code. Par ailleurs Internet a aussi facilité les achats en ligne et il peut être envisageable que votre carte soit par la suite revendue sur le marché caché du web. Pour faire opposition, vous avez en principe un numéro d’urgence (toujours garder ce numéro à porter de main dans le cas de voyages, de surcroît à l’étranger). En plus de l’appel, écrivez un mail à votre conseillé banquier afin de :

  • confirmer la demande d’opposition de la carte ;
  • la date et les raisons de cette demande ;
  • ainsi que la confirmation de la mise en opposition effective.

 

2. Procéder au changement de tous les mots de passe directement accessibles depuis votre smartphone/téléphone. Cela comprend :

  • les comptes de messagerie mail
  • les comptes des réseaux sociaux et professionels : Facebook, Twitter, Instagram, Skype, LinkedIn…
  • les logiciels de stockage de données : Dropbox…

Et dissociez les comptes en question avec l’appareil volé ; c’est une option que proposent la plupart des sites par mesure de sécurité.

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3. Le plus tôt possible, que ce soit le jour même ou le lendemain au plus tard, allez porter plainte dans le commisariat de police responsable de la zone où a eu lieu l’agression. Cette déclaration servira dans le cadre d’un possible remboursement auprès des assurances françaises. Que la déclaration soit en français ou en anglais importe peu, vous serez de toute façon amenés à reexpliquer les circonstances du vol par mail ou courrier adressé. Il faut simplement que la déclaration stipule la date, l’heure, votre nom et prénom, ainsi que le ou les objets dérobés de façon précise.

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4. Enfin, se renseigner auprès des assurances en question, dans la mesure du possible, pour un éventuel dédomagement suite au préjudice subit. Le cas échant, des papiers vous seront demandés, mais le plus important étant de faire la déclaration en temps et en heure. Vous pourrez toujours voir à votre retour de vacances les éventuelles paperasses à faire.

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5. Dernière chose, et non des moindres : vous êtes en vacances après tout, alors un tel incident ne doit pas vous gâcher pour autant le séjour… Alors, profitez ! Restez prudents, cela va de soi, mais de toute façon, vous n’avez plus grand chose à perdre maintenant, donc au temps profiter à fond et laisser de côté ce mauvais passage.

6 Replies to “Vol à l’arraché à Phnom Penh : il ne fait pas toujours bon être touristes”

  1. Bonjour,

    Tout d’abord, merci pour votre billet, cela m’aide et me rassure
    je suis arrivée a Phnom Penh avant-hier avec des amis et je me suis fait volé mon portable
    (par un pickpocket)
    A quel commissariat etes vous allé ? quand je suis allé au commissariat a coté de mon hotel, il on refuser de me servir (no no, no english, ou holidays holidays ). D’après le proprio de l’hotel, c’est pour éviter de faire monter les stats du pays en vols.
    Enfin bref, j’ai besoin de ce papier pour faire marcher mon assurance, etes vous allé a la police des touristes ou locale ?

    j’essaye évidement de profiter , ce n’est qu’un telephone mais bon, c’est bien embêtant ( sachant que je ne reviens pas en France avant 6 mois)

    Merci d’avance :)
    Pauline

    1. Bonjour Pauline !

      Je te conseille d’aller en priorité à l’Ambassade de France (adresse : 1 Preah Monivong Boulevard). Il faut y aller dans la matinée et avant 11h30 car, après, les services sont fermés. Là bas, tu expliques ton problème de vol à l’arraché aux portiers, ils te donneront un papier avec l’adresse d’une Police des touristes. Ne compte pas y aller entre midi, c’est leur pause déjeuner ! Il faudra y retourner pour environ 14h si j’ai bonne mémoire. Faute de temps (on repartait le soir même), on est allés dans une autre station de police, mais c’était encore plus compliqué alors je te conseille de prévoir la journée de demain pour régler tout ça.

      Ils te feront simplement remplir un formulaire en anglais qui te servira de faire-valoir auprès de l’assurance française. N’oublie pas d’y renseigner la marque du téléphone et le modèle. J’espère avoir pu répondre à tes questions, si tu en as d’autres, n’hésite pas :)

      Bon courage, ce n’est pas une passe évidente ! J’espère que tout rentrera rapidement dans l’ordre.

      Elise

  2. Hélène Fétis dit : Répondre

    Oulala la mauvaise expérience… je l’ai vécu mais à Rome et c’était la panique car on avait vraiment tous nos papiers

    Comment as tu fait pour continuer ton séjour sans argent ???

    Bons voyages à venir !

    1. Salut Hélène,
      On a du se débrouiller comme on pouvait… une CB de crédit pour deux, qui était plafonnée à un montant maximum de retrait. Pas super pratique à seulement 3 jours du début de notre trip, sachant que nous en avions encore pour 8 semaines de voyages à travers l’Asie. Il a fallu contacter nos banques en France, demander à agrandir le plafond de retraits maximum, et puis compter les sous :)
      Mais ça été finalement un mal pour un bien : cela nous a permis de vivre plus au près des us et coutumes locales et de ne pas faire dans l’extravagance !! Après tu te dis simplement que tu deviens plus prudent autour de toi.
      Merci pour ton commentaire :)
      Elise

  3. Bonjour,
    merci pour ton témoignage. Pareil, on m’avait prévenu des vols à l’arraché à Phnom-Penh. Ayant un sac en bandoulière, je ne me suis pas inquiétée. Et pourtant, premier jour, en soirée, dans une rue, 2 hommes en scooter m’ont arraché mon sac en bandoulière. Mon ami m’a retenu. Ensuite, il a fallu faire le nécessaire. Opposition au téléphone, à la CB… Puis nous nous sommes rendus à la police touristique. Ils ont été très compréhensifs (contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre). Nous avons pu porter plainte le lendemain dans le commissariat de quartier (plainte rédigée en anglais à une policier qui ne parlait pas un mot d’anglais). Nous sommes restés sur Phnom-Penh pour nous rendre à l’Ambassade et obtenir un laisser-passer pour mon retour en France. Mes parents ont pu m’envoyer une somme d’argent en Western Union, nos retraits étant limités à l’étranger avec une seule CB.
    En dehors de la perte matérielle, le gros soucis a été de rentrer en France, uniquement avec le laisser-passer de l’Ambassade. Certes, c’est un papier officiel mais rédigé uniquement en français. Pas pratique pour passer les douanes cambodgiennes et surtout chinoises (pour mon escale) dont le discours était « no passport, no fly ».
    Malgré cette mésaventure, j’ai adoré partir à la découverte du Cambodge.
    Bonne continuation,
    Marion

    1. Bonjour Marion,
      Merci pour ton partage de mésaventure… Je pense que vous avez en effet eu la bonne réaction face à ce problème récurrent à PP. J’espère que vous avez tout de même pu profiter de votre séjour et que cela ne vous a pas miné la suite du voyage !
      Bonne continuation à toi,
      Elise

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