Découvrir l’archipel des San Blas au Panamá

Les îles San Blas constituent un archipel protégé, situé dans le nord-est du Panamá. Ce ne sont pas moins de 365 îlots, disséminés au milieu des eaux chaudes et translucides de la mer des Caraïbes. Ces plages de sable blanc immaculé sont le territoire des Gunas, communauté indigène de la région. Entièrement administré par ces derniers, l’archipel des San Blas est l’une des dernières régions les plus préservées de la planète.
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Que faire aux San Blas ?

Se reposer. Profiter de la beauté d’un lieu encore immaculé. Aller à la rencontrer des Indiens Kunas. Prendre son masque et tuba et partir en snorkeling… Les activités ne manquent pas. Mais ici, pas d’hôtels, de bars, ou de restaurants. Les seuls autorisés à vivre sont les Kunas, qui gardent jalousement leur petit coin de paradis.
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Aux San Blas, on dort généralement dans de petites cabines faites de bois et de feuilles de palmiers. Avec un peu de chance, on peut trouver des hébergements avec des sanitaires privatisés, mais très souvent, ils sont communs. Généralement, l’électricité n’est pas chose aisée à avoir, et on se couche souvent en même temps que le soleil lui-même. Mais on est heureux. Heureux d’être sur une île déserte dont il est possible de faire le tour en moins de 15 minutes à pieds. Où l’on y mange les produits de la pêche du jour et l’on partage le repas sous une ampoule unique autour d’une table sommaire. On est heureux de vivre avec trois fois rien. De se réveiller par le bruit des vagues qui commencent à se lever et par le soleil qui chauffe timidement le hamac avec sa douce lumière matinale. Un luxe absolu.
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Entre plages de sable fin et eau cristalline, les San Blas constituent la halte parfaite pour un séjour ressourçant, loin de tout. Au milieu de la mer des Caraïbes, et dans une ambiance qui respire bon la douceur de vivre, les îles des San Blas sont un petit paradis encore préservé, qui semble tout droit sorti de l’oeuvre de Daniel Defoe. Un peu plus et on aurait presque eu l’impression que son personnage principal serait capable de sortir de derrière un cocotier (hé, salut Robinson !). En bref, s’il y a bien une visite à ne pas manquer au Panamá, c’est sans aucun doute les San Blas ! Parmi les centaines d’îles que compte ce territoire un peu particulier, seules une soixantaine sont habitées.
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Le peuple Kuna

Les Kunas (aussi appelés Cunas ou Gunas) sont une population ethnique indigène. Ils constituent une nation au sein du Panamá, et sont les administrateurs de ce bout du monde préservé, ou en sont plutôt les gardiens. L’accès à l’archipel est réglementé, et c’est la raison pour laquelle il est conseillé de préparer un minimum son arrivée ici.
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La population Kuna régule en effet le tourisme autour de cette région, qui n’a jamais été rétrocédée au gouvernement. Traditions et coutumes y sont ainsi perpétuées et c’est une population authentique et spontanée qui vous accueillera. À force de détermination, les Kunas ont réussi à obtenir une véritable autonomie vis-à-vis du gouvernement panaméen. La langue officielle du Panamá est l’espagnol, mais chez les indiens Kunas, on communique en dule gaya.
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Les indiens Kunas ont par ailleurs su garder leur indépendance : langue, culture, mais aussi lois et système économique propres ! Ils vivent en grande partie du commerce avec la Colombie (pays étranger le plus proche géographiquement), avec lequel ils se laissent aller au troc : noix de coco et produits de la mer contre riz et sucre, venus tout droit du territoire colombien. L’équation est simple : 1$ = 1 noix de coco (les San Blas en regorgent, à l’inverse de la Colombie). Les Kunas vivent donc principalement de chasse sous-marine, de pêche et d’agriculture. L’arrivée progressive des touristes dans ce qui est reconnu comme étant l’un des plus bel archipel au monde, devient également une source supplémentaire de revenus.
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Les villages Kunas sont en fait un rassemblement de cabanons en paille, parfaitement alignés. Serrées les unes contre les autres, les huttes des Kunas peuvent être de plus ou moins grande envergure et appartenir à des familles plus ou moins riches. Les plus démunies se contentent de maisons en bambou, construites en matériel de récupération pour certaines, et coiffées d’un toit de tôle ou de feuilles de palmiers. Leur habitat est certes rudimentaire mais les Kunas ont par ailleurs trouvé une alternative intéressante et dans l’air du temps au fait qu’il n’y ait pas de réseau électrique dans cette partie du monde. Il n’est en effet pas rare de voir des panneaux solaires sur les îles qui ont été aménagées à destination des touristes. Les panneaux solaires ont le double avantage d’être écologiques tout en étant capables de fournir un peu plus de confort aux touristes. Sur ces îles, bicoques branlantes faites de bric-et-de-broc laissent place à de jolies et confortables cabanes, décorées de moustiquaires et de hamac, face à la mer des Caraïbes.
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Que rapporter des San Blas ?

Au-delà de leurs îles paradisiaques, les Kunas offrent bien plus encore à découvrir. Leurs coutumes et traditions encore préservés, c’est avec fascination que nous avons pu observer leur fonctionnement lors d’une visite au village de Playón Chico. Les femmes portent tous les jours une tenue traditionnelle aux couleur vives : le mola.
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Ces tissus colorés sont réalisés de façon 100% artisanale. Les motifs dépendent de la créativité des femmes kunas pour un rendu toujours harmonieux. D’une certaine façon, on peut voir dans ces dessins une manière pour elles de raconter leur quotidien : une vie où faune et flore se côtoient dans l’harmonie et le respect des uns et des autres. Ces broderies sont réalisées à partir d’assemblages de plusieurs tissus, cousus les uns avec les autres. Véritable patchwork, ces pièces se portent serrées au niveau de la taille.
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La plupart des molas que vous pourrez acheter sur le marché seront des molas réalisés spécifiquement pour répondre à la demande de l’arrivée des touristes. Ces derniers seront toujours faits de façon artisanale et le choix restera vaste. En revanche, il n’est pas rare que se glissent dans les produits proposés à la vente des molas qui auront été portés par une femme Kuna. Il arrive en effet qu’elles souhaitent se démunir d’un mola porté pendant plusieurs mois au profit d’un nouveau, plus récent.
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Quelques unes portent également avec fierté bon nombre de bijoux : anneau en or dans le nez, ou bracelets de chevilles et de poignets colorés. Ces tenues leur vont à merveille.
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Où dormir aux San Blas ?

Il est possible de découvrir les San Blas à bord de voiliers qui proposent des croisières sur plusieurs jours. Relativement onéreux, ce type d’hébergement est une manière insolite de découvrir les lieux. Comptez environ 150-180$ par nuitée, par personne à bord. Bien se renseigner sur les compagnies qui proposent ce type de transport, sur le traitement des déchets notamment, qui reste une véritable problématique au quotidien dans cette partie du monde

En effet, bien que sublimes, les plages peuvent régulièrement être bordées de détritus en tout genre, en fonction des courants. Les bateaux de croisière seraient en grande partie responsables de ce déversement de déchets et il semblerait que certains voiliers proposent aux villageois Kunas de reprendre les poubelles des touristes en échange d’une somme modique ($5). Il faut savoir que ces derniers n’ont à ce jour aucun moyen de traitement des déchets.

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Nous avons pour notre part opté pour un lodge, tenu par une famille Kunas : le Yandup Island Lodge. Cette île privée est entourée de récifs coralliens. Elle propose des cabanes face à la mer des Caraïbes. Le prix inclut le transport entre le village de Playón Chico et l’île elle-même en bateau, l’intégralité des repas (petit-déjeuner, déjeuner et dîner), ainsi que deux activités au choix (visite de la communauté Kunas, snorkeling et baignade en bateau, découverte de la mangrove etc.). L’île comporte six cabines sur pilotis au-dessus de l’eau (comptez environ $270 par nuit) et quatre lodges faisant face à la mer (environ $250). Nous avons opté pour les cabines en bord de mer, et n’avons pas regretté ce choix : les vagues ont pour mauvaise habitude de venir s’écraser en pleine nuit de façon régulière sur les pilotis des cabines au-dessus de l’eau. De quoi faire passer une nuit sympathique.

yandupisland.com

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Les cabanes du Yandup Island Lodge sont toutes confortables et vous feront profiter d’une vue incroyable à chaque lever et coucher de soleil. Avec uniquement 10 lodges, ces dernières sont suffisamment espacées pour que chaque logement puisse bénéficier d’une intimité. L’île est simplement incroyable : le sol – fait de mousse – vous donnera l’impression de vous retrouver dans l’Odyssée de Pi. À l’abri de l’ombre des cocotiers, vous pourrez vous prélasser sur la petite plage de sable fin de l’île. Un ponton vous permettra de profiter de massages et le restaurant – sur pilotis – fait lui aussi face à la mer des Caraïbes. Possibilité de commander des homards fraîchement péchés sur demande ! Un délice.

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Comment s’y rendre ?

Pour vous y rendre depuis Panama City, il vous faudra réserver un vol interne avec Air Panama. Depuis le centre ville, le trajet prend environ 10 minutes en taxi. Comptez davantage si vous partez en pleine journée, les artères de la capitale panaméenne peuvent être saturées. Vous devez vous rendre à l’aéroport d’Albrook, point de départ pour les destinations nationales.
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L’aéroport d’Albrook est minuscule. D’extérieur, difficile de croire que c’est de là que partent tous les avions pour se rendre dans les quatre coins du pays. Les guichets d’enregistrement ouvrent à 5h du matin. Ne vous étonnez pas si après avoir fait peser vos sacs / valises on vous demande de vous mettre sur la balance ! Il s’agira très certainement de l’un des plus petits vols commerciaux pris de toute votre vie. Une heure de vol à bord d’un Cessna Caravan ; avion qui porte vraiment bien son nom : une veritable caravane du ciel ! On atterri après 55 minutes sur une piste ; mélange de terre rouge et de ciment défraichi ; après avoir frôlé les cimes de la jungle de palmiers juste en-dessous de nous.
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Mais la vue depuis là-haut en vaut très largement le coup… :
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Quelques conseils supplémentaires avant de partir :

  • Sur les îles, tout est généralement compris : nuitées et repas. En revanche, le tout est relativement restreint au niveau des quantités. Pensez donc, dans la mesure du possible, à amener avec vous un peu de surplus : de l’eau, mais aussi quelques douceurs à destination des moments de grignotage.
  • Aux San Blas, pas d’ATM. Pensez donc à retirer suffisamment de liquide avant votre arrivée, lors de votre passage à Panama City par exemple.
  • Pensez au répulsif anti-moustiques !!!
  • Les matières plastiques ayant fait leur apparition au 21e siècle, les Kunas n’en ont malheureusement pas été épargnés. Si les villages sont bien entretenus, il semblerait tout de même que les Kunas n’aient pas encore résolu leur problème de déchets. Au fur et à mesure, ils remplissent des sacs plastiques qu’ils referment lorsqu’ils sont pleins. Ils les brulent alors ou les jettent directement à la mer. Pensez donc à repartir dans la mesure du possible avec vos déchets ou du moins, à en limiter l’impact

 

 

Et pour finir, quelques photos :

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Pour vous aider à préparer votre voyage au mieux, je vous invite à jeter un coup d’oeil à l’article que j’ai écris concernant les choses à savoir avant de partir au Panama. Bon séjour !

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